AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez| .

(a - IV) dégénérescence axonale

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
SPELLS : 622
IDENTITY : silvia
FACE & CREDITS : lucho jacob (c) balaclava
MULTINICKS : adrian pucey, lev saddler, feu saul giack

AGE : vingt-huit
BLOOD STATUS : wolf
HOGWARTS HOUSE : slytherin
SPECIAL CAPACITY : lycan
MARAUDER'S MAP : sur son rafiot
POINTS RP : 1792

MessageSujet: (a - IV) dégénérescence axonale Lun 5 Sep - 6:30




this is what chronic illness really looks like

L’astre coloré éveille les montagnes, suivi du chant de l’oisillon moqueur sur le sommet de l’habitacle. Le temps souffle sa quatre-vingt-treizième bougie sur le col de l’hémisphère sud. Les flocons du matin peignent de blanc le paysage rugueux. Le plus dur, c’est le matin. Au réveil, la mélancolie s’éprend du corps. Les préoccupations sont plus vastes. L’instabilité de l’esprit dépasse la fragilité des muscles. Aujourd’hui ça fait trois mois et un jour. Sur le carnet en cuir noir l’homme trace un nouveau trait au crayon. Parfois, tout s’oublie. Les rencontres soulagent l’absence. Le rire des enfants. Le regard de l’hôte. Le souffle musical du vent. Le soleil chaud sur les lèvres gercées.
La mine se casse. Dimanche.
Elle lui manque.
Puis il y a ces matins sans oublis. Sans sourires et sans lumière. Tout s’envole ; la légèreté d’être, l’insouciance des lendemains. Il y a ces matins où les larmes brûlent les yeux. Cœur lourd qui crache l’effroi du temps qui ne passe pas. Ca va mon fils ? s’entend-il dire. Le visage du père apparaît à l’ouverture de la tente. Barbe dessinée de vieux baroudeur, les joues rosées par le froid, Saul lui envie cette symbiose avec sa nouvelle existence. Il lui envie cette quiétude dans la solitude. C’est facile, disait le père, inspire fort et compte. A cinq tu verras, à cinq tu seras calme, à cinq tu te plairas ici bas. Ca va papa, répond l’enfant qui n’est plus. Les lèvres du vieux s’étirent, satisfait de ce mensonge auquel il essaie de croire. On part dans vingt minutes.
On part dans vingt minutes, pas de problèmes.

Conscience du mouvement. Stimulation centrale, le système active les intermédiaires nerveux. C’est parti. L’hommenfant entre-ouvre les lèvres, les lèvres inspirent de l’air, l’air circule, circule jusqu’aux poumons. Zoom sur les poumons, l’air diffuse dans les alvéoles, le sang absorbe l’oxygène, l’oxygène rejoint les cellules. Respiration cellulaire, production d’énergie. L’infiniment petit active l’infiniment grand. Somme de particules, la cohérence du système rend viable le corps.
My lover’s got humour, she’s the giggle at a funeral. Knows everybody’s disapproval, should’ve worshipped her sooner.
Savoir s’écouter, relever la fatigue. Dire stop, cette fois je n’y arriverai pas. Compter jusqu’à cinq. Un. Deux, ça va aller. Trois – soupir –. Quatre, l’espoir. Cinq, étire le muscle. Froid sans fin. Ce matin la salope ne le laisse pas tranquille. Avec son air de hyène elle rit au vent. Enlace son corps et affirme sa présence. Plus que dix-huit minutes avant de partir. L’homme cherche un appui. Jambe pliée, l’autre genou à terre. Pantin coupable puni par la maladie.
If the Heavens ever did speak, she’s the last true mouthpiece. Every Sunday’s getting more bleak, a fresh poison each week.
Microscope. Immersion sans gêne dans l’intimité du corps. Myéline détruite, système laissé à nu, la douleur saisit sa cuisse à terre. Inattendue et violente. Tic, tac, tic, tac, il souffle et ferme les yeux. Papa, lance Saul, papa j’ai besoin d’aide. Quatre-vingt-treizième jour loin de sa quiétude londonienne. Et aujourd’hui pour la première fois l’homme qu’il est devenu songe à abandonner sa fuite personnelle. Fatigué de la marche, le poids des os et des muscles, l’appréhension des pensées ravivent la douleur soulagée par le temps. Papa j’ai besoin d’aide, je crois que je refais une crise.
A semi-nu sous une tente perchée dans les montagnes péruviennes, immobile, les yeux fermés, tirés par le réveil récent, poings serrés, genou à terre, mâchoire tendue pour avaler la douleur, l’homme redevient enfant, et l'enfant appelle son père.
Au fond, il se dit voilà, ça fait quatre-vingt-treize jours, c’est le jour de la vengeance.
I was born sick, but i love it, command me to be well.

maladie auto-immune : le système de défense censé protéger le patient d’agressions extérieures, se retourne contre ses propres cellules et les attaque pour des raisons encore mal connues.

La crise amène une unique pensée. Et cette fois? L'enfhomme aux lèvres brûlées par le froid se lève, aidé par le père. Ce même père qui saisit la peur et s'en empare. L'injection soulage mais ne soigne pas. Le fils sent la jambe trembler. Elle est perdue, il pense, catastrophiste. Naufragé d'une douleur qui ne s'estompe pas, son navire à lui refuse de couler. She demands a sacrifice. Inflammation - destruction - crise - perte. Réduit misérable pantin d'un jeu qui le dépasse, il s'assoit. Je suis désolé, je crois que je n'vais pas réussir à marcher aujourd'hui. Les mots ne sortent pas, fatigués au fond de la gorge. Y'a-t-il pire réveil que celui de l'effroi?

C'est la deuxième crise en l'espace de cinq mois. La troisième depuis son diagnostic. La première fois, il a perdu l'insouciance. La deuxième fois il a perdu la tête. Aujourd'hui, il perd l'espoir.
No masters or kings when the ritual begins, there is no sweeter innocence than our gentle sin. 
In the madness and soil of that sad earthly scene, only then I am human, only then I am clean.

Est-ce la maladie qui le rend humain? Est-ce d'être humain qui le rend malade?
Du haut de sa montagne, le fuyard de Grande-Bretagne comprend que ses pêchés ne seront pas excusés par la passion de la louve, mais par l'acceptation d'un corps qui s'auto-détruit.
Au-delà de l'amour s'éveille la peur.
Et en bon athée, Saul se prend à penser ;
mon bon Dieu allez,
allez je t'en prie,
laisse-moi t'offrir ma vie.

Ce sera sans doute plus simple pour nous tous.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

(a - IV) dégénérescence axonale

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
VIPERA EVANESCA :: Weasleys' Wizard Wheezes :: animations-