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infant sorrow (animation V)

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MessageSujet: infant sorrow (animation V) Dim 23 Oct - 12:10

INFANT SORROW
(la pensine)

La porte de ton bureau était ouverte et résonnaient en moi les interdictions. « Tu ne trépasseras pas, tu ne trépasseras pas cette porte, mon fils, voici le sanctuaire, mon sanctuaire, voici l’un des interdits, le non-lieu de ta maison, ici tu n’habites pas, ici n’es pas ta place, la punition sera grande, si jamais … » La tête lourde a passé l’encadrement de la porte, suivie des épaules, du buste, des jambes, des pieds. L’homme qui a un jour interdit n’est pas l’homme qui vit toujours dans son corps. Les interdits se sont évaporés avec sa disparition. Le père est mort. Je me devais de faire mon éducation seul avec les restes de lui. La loque ne pouvait plus rien m’apprendre, mais son esprit fantomatique se cachait peut-être ici. Mes yeux balayèrent l’espace. C’était la première fois mais rien n’était nouveau. Les motifs du tapis, le papier-peint, les meubles en merisier, le cuir des fauteuils. Ces objets appartenaient à toutes les pièces, à tous les autres bureaux du monde. Il n’y avait rien de sacré.
Je m’avançais. Et mes yeux parcouraient encore alors que mes doigts se baladaient sur la tranche des livres. Alors lui non plus n’avait rien à m’apprendre. Aucun livre, aucun secret, aucun témoignage. Il n’avait jamais eu rien à m’apporter. Cet être avait toujours été aussi vide qu’en ce jour, et il s’était constitué une carapace pleine qui venait cacher son néant. Comme moi. Comme nous tous. Quel homme intelligent, vraiment. Interdire le lieu révélant sa vacuité. J’avançais encore. Les papiers étaient rangés en pile rectiligne. Rien ne dépassait. Et dessus, l’écriture mondaine qui parle mais qui n’a rien à raconter. Les faux contras, les fausses menaces, les faux comptes, les faussetés. Cette encre qui doucement s’efface, but par le parchemin. Et bientôt ne restera de lui que des traces grisâtres. Est-ce que l’homme écrit encore ? Il n’en avait plus l’occasion, plus personne pour l’écouter et le croire. Les yeux vont d’une lettre à une autre, l’automatisme du geste se répète et rend flou le contenu, toujours le même, des banalités à faire pleurer. Des choses qu’on n’a pas besoin de cacher.
Je reculais. J’éteignis la bougie. Je regardais au-dessus de mon épaule une dernière fois. Mon regard s’agrippait alors à la pièce. Une lueur bleuté baignait la pièce. Une infime lueur. Un halo imperceptible. Des rais de lumière autour de l’armoire. Qui ne demandait qu’à être ouverte pour libérer le trésor. Un coup de baguette et les portes s’ouvrent. Et à l’intérieur la mémoire vive. Mon cerveau s’arrête et je plonge. Je vois et j’apprends. Je le vois et c’est comme dérouler ma propre existence. Ce que je vis, ce que je vivais, ce que je vivrais. Tout est là. Le sang, la mort, la douleur, la soif, la soumission, la décrépitude. La fierté qui se change en peur, qui se change en modestie, qui se change en esclave. Le mal partout. La noirceur des gestes. La satisfaction mesquine de faire plus mal que l’autre. L’homme si fort, si beau, si majestueux. Une gargouille putride demandant toujours plus de sang au maître. Oh oui maître, demande moi de faire couler le sang, encore, encore, encore. Pour tes beaux yeux, maître, laisse moi prendre la vie des autres. De tous les autres. Je tuerai jusqu’à en mourir. Par amour pour toi, oh maître, mon maître, mon doux maître.
Je m’extrais et je vomis. Voici ma voie. Voici ma vie future. Le chemin, ses péripéties, et sa fin. Je serai cet homme. Je suis le néant qu’il a créé. Je serai le sang, la mort et la douleur. Je serai l’amoureux transis du mal et de sa réincarnation. Je suis déjà vide. Viens m’emplir de ta cruauté, viens me donner des ordres pour effacer ma vacuité. Je me donne à toi, parce que mon mentor n’a rien d’autre à me proposer, à m’apprendre. Je ne sais que ça. Être à toi. Et déjà mes doigts se sont refermés pour donner la mort, et déjà je suis tien, depuis toujours, depuis ma naissance. Les origines de ta folie sont les miennes.
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