AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez| .

yesterday's gone

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
avatar
SPELLS : 606
IDENTITY : silvia
FACE & CREDITS : lucho jacob (c) balaclava
MULTINICKS : adrian pucey, lev saddler, feu saul giack

AGE : vingt-huit
BLOOD STATUS : wolf
HOGWARTS HOUSE : slytherin
SPECIAL CAPACITY : lycan
MARAUDER'S MAP : sur son rafiot
POINTS RP : 1562

MessageSujet: yesterday's gone Lun 6 Mar - 21:34


îles de soleil, silences d’alarme,
la faille d’amour creuse mon corps,
de vieilles images en noir et blanc,
un long mirage au long sillage.



il est assis, souffle court, sur le vieux canapé qui occupe les dix mètres carrés de la pièce. le tic et le tac de l’horloge tend ses muscles. sid lit, calmement, s’accroche à son idée de normalité. ses joues sont creuses et ses yeux se foncent dans le silence de l’espace. il est bien seul, au premier étage. tout autour de lui les pièces grincent, les pas sont forts sur le parquet pourri, en bas on murmure à la mort. c’est le voyage quotidien des arcades, le fourmillement de la pègre, les renégats de la société. ils se terrent dans ces lieux miteux pour mener leurs trafics et empiler leurs gallions dans leurs grands manoirs. sid n’est qu’un protagoniste de l’immense scène qui se dessine devant ses yeux. épaules carrées aux muscles saillants, sa mâchoire claque et ses yeux impressionnent. on n’ose pas s’attarder sur ses lèvres, de peur d’y voir apparaître deux canines trop affutées. greyback tient la boutique, ce matin. lieu clandestin perché à l’étage, au fond d’une petite cour. le message passe et les silhouettes s’alignent, souvent nombreuses, parfois moins (comme maintenant, sinon sid n’en serait pas à dépoussiérer un vieux roman), devant la porte. il les accueille et les installe, toujours sérieux, sur ce même canapé. doucement un sourire se dessine (le sourire tendu, de circonstance. il n’est pas vraiment beau, il veut dire « ici tu es chez moi et tu me respecteras. je t’accueille comme un frère, mais tu n’es rien qu’un client »). sid leur fait noter leurs besoins, sur un parchemin posé au coin du canapé. ça l’excite, ce jeu du défi. subtile négociation qui s’établit entre un client impatient et un fournisseur curieux. sid ne questionne jamais, il parle d’argent. obtient le plus de ce qu’on vend le moins. ici les hommes viennent chercher l’illégal, le malheur, la vengeance. on leur fournit la mort aussi simplement qu’on leur dirait bonjour.
et on tape sur la porte. trois coups secs et rapides. sid ne se presse pas. il tourne une page et puis une autre. ses yeux glissent sur des lignes trop noires. puis il se lève, souffle une incantation pour protéger la petite porte, celle-là, à l’arrière de la pièce. celle qui cache monts et merveilles. on fait confiance au loup qu’il est devenu. sid compte juste à neuf, pour se lever au dixième souffle. il nourrit l’impatience du pourri, qui vient se chercher ses doses. l’assoiffe pour le rendre dépendant. c’est ce qu’on lui a appris à faire, semaine après semaine. greyback baisse les manches de son pull noir. un peu, pas trop. il ne cache pas les crocs de fenrir sur son poignet. ça préserve le danger dans le sourire du négociant. sid tourne la clef, ça clique et ça claque dans la serrure. sid jette un coup d’oeil dans la lucarne.
et il s’arrête.
encore quelques secondes, le temps d’y croire. puis, il ouvre à coré, qu’il n’a pas vue depuis presque dix ans. il se fait droit, toujours plus, et se mord la lèvre. ses sourcils se froncent et ses yeux se foncent. la dernière fois qu’il l’a vraiment vue (en toute conscience, en oubliant cet aperçu à son retour à la maison), ils étaient gamins. ils s’aimaient, du moins, s’en donnaient l’illusion, et jouaient un peu trop. elle avait les yeux brillants de flammes et les cheveux remontés dans un chignon approximatif. son cou nu était balayé d’une petite mèche rebelle et sid se rappelle avoir pensé qu’elle était encore plus belle, dans cette lumière du soir. coré le rendait fou d’amour adolescent, incohérent dans ses émotions de bête à vif. elle brisait son calme et le rendait greyback. - bonjour coré, dit sid, sans ton de défi. ces temps là sont passés, enfin.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 377
IDENTITY : red strings (manon)
FACE & CREDITS : ashley moore, @bonnie (avatar)
MULTINICKS : moreau et marla.

AGE : vingt-cinq années volubiles, qui n'appartiennent à personne, et pas même à elle.
BLOOD STATUS : c'est un liquide convoité qui circule dans ses veines, un sang bleu qui dorénavant s'apparente à un élixir de vie, puisqu'il ne peut plus en être autrement.
CIVIL STATUS : les bagues prestigieuses qui enchaînent les annulaires aux cœurs des amants sans amours.
JOB : elle nettoie la merde des incapables, elle passe pour ôter des fragments de vie, des fragments d'instant aux esprits des faiblards de moldus.
HOGWARTS HOUSE : serpentard.
MAGIC WAND : taillée dans du bois de mélèze, elle mesure trente virgule cinq centimètres et possède en son coeur une plume d’hippogriffe. elle est prédisposée aux sortilèges offensifs
PATRONUS CHARM : patronus incorporel.
MARAUDER'S MAP : londres, ministère de la magie.
POINTS RP : 491

MessageSujet: Re: yesterday's gone Mar 7 Mar - 23:09


take my love, it is not true,
so let it tempt no body new;
take my lady, she will sigh
for my bed where'er i lie;
take them, said the skeleton,
but leave my bones alone.


enfilades de ponts qui soutiennent de leurs colonnes brisées quelque pourriture. vermine en haut, là, dans les tours d'argent en toc rouillé, vermine qui hurle à la lune, rats abandonnés dans le fond des égouts qui la surplombent. il y a ses bras fins glissés sous une large cape, la capuche remontée jusqu'au dessus de ses yeux. elle sait exactement où aller, zabini, c'est un trajet emprunté dont elle pourrait reconnaître chaque pavé, chaque fissure, chaque murmure à une heure précise. les arcades se réveillent toujours au zénith lunaire. et les rats-fantômes aux sourires carnassiers se glissent dans le dédale sans un bruit, parfois dans un rire, ils se frôlent et s'échappent dans l'accord tacite des voyous de bas fonds. c''est une danse orchestrée parfaitement qui se déroule dans un secret contenu sur les pulpes des lèvres asséchées de tous. il se glisse ici, juste ici, le faux secret mystique qu'ils s'accordent tous : entre des hochements de têtes lugubres et des desseins macabres tout juste susurrés. à peine audibles, à peine compréhensibles. c'est bien le cœur de la racaille sorcière anglaise, ici. organe nécrosé aux battements régis par l'intérêt et l'opportunisme. boum, boum. et ça éclate de temps à autre. dans un battement, un sursaut. ils sont les corbeaux-pies qui épient chaque ombre lumineuse et étincelante pour en faire leur et salir de leurs pattes tachées de sang les pauvres éclats optimistes d'espoirs qu'ils n'ont de cesse de subtiliser.
et, elle s'avance d'un pas rapide. entre dans la ronde pour chercher à voler des souffles, un peu. trouver de quoi tout du moins. les fumisteries des tueurs, voleurs, saccageurs qui règnent en secret dans d'autres mondes aux sols boueux et aux chemins effacés. parce qu'on erre, ici. on ne va pas. parce qu'ils y laissent toujours un peu de leur peau, à y vendre leurs âmes.
ce ne sont donc pas les chemins mais ce qu'elle sait qui la guident au travers des ombres délicieuses à peine perceptibles. les murmures s'échouent contre ses oreilles découvertes quelques instants, et elle s'enfonce sans une once d'inquiétude dans les artères purulentes des arcades. un autre fantôme qui l'escorte jusqu'en bas d'une bâtisse puant la moisissure. on lui explique. coré s'aventure dans le bâtiment, monte des marches qui craquent les unes après les autres sous ses pas sans oser poser sa main sur la rampe. un long couloir à peine éclairé par des bougies dont la cire s'est allègrement étalée par terre la sépare de la porte qu'on lui a évoquée. elle s'arrête un instant. observe les murs pourris qui s'effritent de temps et d'horreur. ça suinte la mort et la culpabilité. coré fonce la tête baissée jusqu'à la porte, la retire, un peu avant de frapper trois fois.
et elle attend. des pas résonne au dessus et des voix graves au dessous. elle croit en reconnaître quelques unes. et puis, au moment où elle s'apprête, la porte s'ouvre.
elle le regarde. ça suinte la culpabilité, oui. elle le regarde. ses traits se déforment un peu avec si peu de lumière, elle lui donne les mâchoires plus serrées, le visage plus tendu, les os qui ressortent. ça suinte la mort. c'est un visage parmi les fantômes, les vrais, ceux-ci. qui n'errent pas mais ne sont simplement plus. elle se tait. il lui dit de rentrer. elle se tait encore. ça crache du venin dans le cœur un peu trop, ça déchire et ça glace. coré rentre. se reprend. parce que c'est l'orgueil, qui guide. tout ce temps sans un bruit. et puis, en détaillant son visage avec précision, caressant de regards épris par la mort, elle finit par lui répondre. bonjour sid. j'aurais aimé te dire que je suis étonnée de te trouver ici, mais en fait, pas tellement.
elle peut reconnaître à quelques endroits des choses qu'elle a laissé de lui là-bas, quand il est parti. l'arrête de son nez. ces lèvres qui se mordent. et un peu de ses yeux, qu'elle évite, quelques secondes encore enfant, et beaucoup de ses yeux, qu'elle défie finalement un instant - parce qu'elle n'a jamais su faire autrement, avec lui - en attrapant le livre qu'il tient entre ses doigts pour commencer à le feuilleter. je cherche du venin d'acromentule. un pauvre petit homme de main m'a dit que j'en trouverai ici. après avoir lu quelques lignes, elle redresse le regard, plante ses yeux noisettes assombris par la nuit dans les siens, et ne bouge plus du tout, coeur de marbre, pendant qu'elle ajoute. je suppose, vu que tu es le seul dans cette pièce que je dois m'adresser à toi. serpent filant ses mots entre des lèvres trahissant une once de haine. elle laisse de côté ces centaines de nuits passées à se demander. cela n'a pas sa place, ici.
cela n'a véritablement jamais eu de place légitime, au creux de ce palpitant qu'elle tente de calmer. creux dénué de tout, vide de tout homme.
et pourtant dans les cavités, juste ici. encore quelques cicatrices des griffes de loup, qui font se noyer dans le sang les années d'indifférence.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 606
IDENTITY : silvia
FACE & CREDITS : lucho jacob (c) balaclava
MULTINICKS : adrian pucey, lev saddler, feu saul giack

AGE : vingt-huit
BLOOD STATUS : wolf
HOGWARTS HOUSE : slytherin
SPECIAL CAPACITY : lycan
MARAUDER'S MAP : sur son rafiot
POINTS RP : 1562

MessageSujet: Re: yesterday's gone Jeu 9 Mar - 19:24

c’est un livre de rien du tout. du cuir vieilli et une reliure qui se déchire.
des lignes de masturbation intellectuelle d’un grand classicisme. le genre de livres qu’il faut lire. parce que ce sont des normes que la société impose. parce que pour défendre une noble place dans ce monde patriarcal il faut savoir placer de grands mots et des belles citations. et parce que lire, c’est ce qui l’a sauvé pendant toutes ces années. doc lui donnait un livre tous les deux jours. et sid, épuisé, lisait pour faire passer un temps qui ne filait jamais. celui-ci, sid ne l’a jamais terminé.
c’est le livre de la nuit où tout a chaviré. c'est le livre qui renferme la lettre. c’est le livre qui file entre ses doigts, quand coré le lui prend. invasion soudaine d’un espace trop petit. son coeur devenu trop chaud s’inquiète d’une situation à laquelle il ne pensait pas être confronté. sid a vu coré, une fois, après avoir tué doc. il avait l’esprit meurtri et le corps endolori. la haine au fond des yeux et la peur du rejet. il y a ce sentiment étrange des hommes qui reviennent à la vie. le sentiment de déranger.
parce qu’on a disparu et qu’on ne pensait plus vous revoir. parce que les amis, la famille, l’amour ont fait leur deuil. parce que les saisons sont passées et les personnes ont grandi. de nouvelles vies se sont entrecroisées et de nouvelles expériences se sont créées. parce que le monde s’est modernisé, que les références ont changé et que les repères se sont effacés. revoir un disparu c’est comme voir un mort. sid l’a senti, dans les yeux des greyback qui criaient victorieux le retour du fils. on cherche à comprendre comment il va réagir, l’homme-animal. si ses crocs sont trop acérés et si la meute peut le contrôler. il a pris des chemins déviants et on doit le restructurer. (sid reprend le livre que coré ne feuillette plus) que va-t-il faire? il faut le faire parler. on essaie et on échoue. sidney se terre dans le silence qui a toujours été sien. on organise une fête et il se fait beau. homme loup aux yeux gris, hier dansant, aujourd’hui titubant. il ne marche plus en funambule.
coré était là. sid s’en souvient. ont-ils parlé? tu t’en souviens, toi coré, de lui avoir parlé? regard de fuite et de silence, son corps s’est échappé. le lendemain, sid partait pour la france et ne reviendrait plus jamais à la maison.

- je te laisse t’installer, il indique le vieux canapé sur lequel il était assis. coré le défie, toujours, de ses yeux de jais. l’adolescente est devenue femme. elle se tient plus droite, le cou long et les traits marqués. son corps a quitté les nuages enfantins pour des formes dessinées sous une cape aux détails luxueux. coré est zabini, elle n’est plus serpentard. et sid est pris d’un complexe, non vis-à-vis d’elle, mais vis-à-vis de ce qu’il ne deviendra plus jamais. elle représente tout ce qu’il y a de plus noble et structuré dans la hiérarchie sociale. elle est belle, imposante, intelligente et riche. elle claque les doigts et obtient ce qu’elle veut. elle n’a pas peur de côtoyer les tréfonds d’un monde qui pourrit sous les lueurs de corruption. elle le voit encore comme une menace, quand lui la voit comme celle qui a gagné.
il se retourne et s’enfonce dans la réserve. il a cette mâchoire tendue qui dévoile son lui adulte. sidney aussi a grandi. son torse s’est élargi et ses muscles se sont taillés. sa peau s’est colorée du temps vécu, qui rend les traits imparfaits et les cicatrices saillantes. il sait où chercher ses désirs et fait tourner trois fois le flacon entre ses mains avant de claquer la porte de la pièce derrière lui. elle veut tuer. elle est devenue de ceux qui décident du destin des autres. de ces mots murmurés à demi-voix qui guident la mort. elle est devenue celle qu’elle voulait être. un reflet resplendissant d’assurance à en faire mordre la terre à n’importe quel homme. - quel est ton prix? c’est comme ça que la maison marche. on fixe le prix à la valeur de la vie qu’on va emporter.
puis sid négocie.
mais peut-être pas aujourd’hui. il n’y a jamais eu de négociations entre eux. juste une histoire d’amour vendu au prix du danger.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 377
IDENTITY : red strings (manon)
FACE & CREDITS : ashley moore, @bonnie (avatar)
MULTINICKS : moreau et marla.

AGE : vingt-cinq années volubiles, qui n'appartiennent à personne, et pas même à elle.
BLOOD STATUS : c'est un liquide convoité qui circule dans ses veines, un sang bleu qui dorénavant s'apparente à un élixir de vie, puisqu'il ne peut plus en être autrement.
CIVIL STATUS : les bagues prestigieuses qui enchaînent les annulaires aux cœurs des amants sans amours.
JOB : elle nettoie la merde des incapables, elle passe pour ôter des fragments de vie, des fragments d'instant aux esprits des faiblards de moldus.
HOGWARTS HOUSE : serpentard.
MAGIC WAND : taillée dans du bois de mélèze, elle mesure trente virgule cinq centimètres et possède en son coeur une plume d’hippogriffe. elle est prédisposée aux sortilèges offensifs
PATRONUS CHARM : patronus incorporel.
MARAUDER'S MAP : londres, ministère de la magie.
POINTS RP : 491

MessageSujet: Re: yesterday's gone Jeu 9 Mar - 21:11


take my love, it is not true,
so let it tempt no body new;
take my lady, she will sigh
for my bed where'er i lie;
take them, said the skeleton,
but leave my bones alone.


les ombres se jouent de son visage et de ces quelques traits émaciés qui apparaissent, autant de fois que lui se déplace. elles s'adaptent, caressent, montrent ces yeux et cachent ces lèvres. c'est une danse incroyable de délicatesse qui se profile sous les yeux vides de fantômes égarés. elle les jalouse secrètement. pour cette proximité, cette beauté qui émane dans les lumières feutrées des antres moisies. la bâtisse entière menace de s'écrouler, tomber en ruines. et coré imagine un instant que seuls leurs corps à eux pourraient sortir indemnes sous les décombres.
parce que c'est comme ça qu'elle le voit, déjà. corps accidenté par tout ce qu'il ne lui dira jamais, et qu'elle se persuade ne pas avoir envie d'entendre ou d'écouter. ils sont les colosses pourris d'histoires vagabondes dont les corps s'effilochent mais jamais ne s'effondrent. elle feuillette sans grande attention le livre qu'elle connaît, qu'elle a dû lire plusieurs fois, même - elle feuillette pour éviter encore un peu tout le reste. éviter d'humidifier de plus belles les traces mortelles des moisissures qui parcourent ses histoires à elle. elle ne veut pas qu'il en laisse d'autres.
parce qu'il lui a déjà donné il y a longtemps celles qui s'accrochent à son coeur et se nourrissent d'une culpabilité tue.
les pages glissent sous ses doigts de façon religieuse, comme si, quelque part, ici même résidait un peu de vérité et de bien. c'est un instant de lumière qui éclaire les corps enragés et malades de morts. et puis, elle caresse du bout des doigts un parchemin vieilli par le temps, entre la couverture et les pages. doucement, quelques secondes.
elle détourne son attention, lui parle à lui, et il reprend le livre.
elle suit du regard le bouquin. ou plutôt, le petit bout de parchemin qui en dépasse.
et de nouveau c'est lui qu'elle regarde. elle s'empare de ce qu'elle a de plus aisé chez elle pour le toiser, prostrée dans un orgueil qui lui, n'a jamais changé. le menton haussé et les paupières qui s'étirent au milieu d'un oeil méprisant. elle le hait tant dans cette indifférence apparente. dans cette façon de ne pas répondre, d'appuyer ses mots à lui comme si les siens à elle ne faisaient écho nul part dans sa boite crânienne. ça hurle dans le ventre à la douleur, les silences des absents. mais elle ne bouge pas, se tient droite, mains tenues au devant, suivant le chemin qu'il lui indique sans davantage de représailles. elle s'assoit au bord du canapé miteux, dame zabini, et cambre le dos par désir de se tenir droite, de ne pas s'enfoncer dans le cuir vieilli et poussiéreux qui craque sous son maigre poids. précieuse princesse sertie d'émeraudes au cœur pourri. au cœur qui crie. au cœur, contre son gré un peu à lui.
à l'annulaire d'ailleurs.
sid se lève et se noie parmi les ombres du fond de la pièce. elle l'attend un peu, quelques secondes. le livre est toujours posé sur la table. et dans son absence, elle l'ouvre à l'endroit où le parchemin ressort un peu, reconnaît ses premiers mots et retient son souffle de longues secondes. les courbes juvéniles s'échouent contre le papier vieilli comme les traces d'un amour qui n'existe plus. et pourtant, dans l'urgence, coré enfonce la lettre dans la grande poche de sa cape, repose le livre à l'endroit où il était, reprend ses esprits.
les esprits sont bien là. ils tournoient entre cette cavité pleine de souvenirs sans trouver de sortie. c'est un circuit à boucle fermée. orchestrer. manipuler. tuer parfois. sourire souvent. patienter. négocier. et plus que tout, écraser.
et pourtant le cœur lui s'en est allé. un peu plus loin, là ou personne ne pourrait le trouver. il est parti lorsqu'il a posé les yeux sur les reliques de tendresse qu'elle semblait avoir oublié. il ne répond à aucune logique et emprunte des chemins entre les dédales de souvenirs qui soudainement remontent à l'esprit, détournent le circuit. et ce n'est que lorsque lui revient qu'elle parvient à refermer la boucle. retrouver le circuit. manipuler. sourire souvent. négocier, et plus que tout, écraser.
un large sourire se dresse sur son visage lorsqu'il lui demande combien elle lui en veut. elle ne dit rien, la zabini. elle orchestre et manipule. un roulement de tambour. elle sait porter les masques qui lui siéent le mieux, et baisse les yeux quelques instants, retirant de ses doigts graciles minutieusement sa cape qui découvre alors des épaules quasi-nues au bord desquelles se glissent des manches courtes noires. ses clavicules saillent à la lumière, lumière faiblarde qui parcourt avec suggestion la peau nue visible au travers d'un large décolleté.
coré redresse les yeux et les plante dans ceux de sid, souriant toujours défiante et amusée, posant son coude gauche sur ses genoux et tenant son visage contre la paume de sa main, penchée en avant, laissant entrevoir le dessein de la princesse à l'annulaire serti d'émeraudes. c'est un acte entier de la pièce magistrale de sa vie qu'elle lui offre dans une représentation privée. défier encore, et toujours. défier un soir et pourtant lui montrer que jamais plus elle ne sera à lui. parce qu'elle porte le nom de marcus flint gravé dans l'argent emprisonnant son doigt.
et pourtant, c'est le cœur qui bat de ces jeux. elle reste de longues secondes sans parler ni bouger, ne détachant pas ses yeux des siens, pour finir par lui répondre d'un ton enjoué. après toutes ces années, je m'attendais au moins à ce que de telles négociations s'effectuent autour d'un verre.
si l'indifférence teinte ses lèvres à lui des mensonges de l'inconnu, aussi parie-t-elle pouvoir faire de même si ce n'est mieux. elle finit par s'enfoncer dans le cuir grinçant, restant tout de même droite, détournant son regard afin de nouer ses cheveux et découvrir sa nuque doré à la lumière des bougies en ajoutant, désintéressée. je prendrai un whisky pur-feu. et la danse s'entame. elle feint un regard complice après avoir fini son entreprise, toujours parée de ses lèvres étirée en un rictus d'ors et déjà vainqueur.
car au son des souvenirs résonnent quelques désirs de vengeances qu'elle tait dans le ballet sublime de sa féminité. il l'a presque tuée de culpabilité.
elle l'achèvera de frustration.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 606
IDENTITY : silvia
FACE & CREDITS : lucho jacob (c) balaclava
MULTINICKS : adrian pucey, lev saddler, feu saul giack

AGE : vingt-huit
BLOOD STATUS : wolf
HOGWARTS HOUSE : slytherin
SPECIAL CAPACITY : lycan
MARAUDER'S MAP : sur son rafiot
POINTS RP : 1562

MessageSujet: Re: yesterday's gone Sam 11 Mar - 15:27

il y a quelque chose de dérangeant, à la voir sourire.
l’esprit scientifique de greyback s’arrête aux faits. ça fait presque dix ans qu’ils ne se sont pas vus. elle a terminé ses études, elle a aimé, elle a connu, elle a joué, gagné, vécu. coré a évolué, à priori, dans le plus simple équilibre de ce que devrait être l’existence. une suite de secondes qui deviennent des mois, déterminent des événements et conditionnent des temps futurs. elle a la bague au doigt et les épaules un peu trop droites pour convaincre. cette démarche d’assurance qui dessine les attitudes de trop de sang-pur. elle est ce parfait cliché qu’il méprisait déjà, adolescent. un masque. et sidney pourrait lui dire arrête, nous avons grandi coré. les esprits d’enfants conditionnés par les pressions parentales sont déjà lointains. elle n’a plus à jouer ce jeu de provocation. parce que l’audace les a déjà blessés, séparés, et leurs vies ne sont plus faites pour être partagées.
il a ce détachement de celui qui ne comprend pas, sid. qu’après dix ans le sourire soit toujours plus violent. celui qui ne comprend pas que les mots ne soient pas vrais. il aurait aimé lui parler, des milliers de fois. quand il s’accrochait à ce mot comme à une religion. unique reliquat de l’amour qu’il savait guider son coeur. unique entracte entre la conscience et la haine qui éveillait le loup. avec le temps, sid a appris à oublier coré. c’est une simple réalité de distance qui se dresse. une barrière physique comme émotionnelle. coincé dans une cage de verre il ne s’imaginait pas qu’une gamine de quatorze ans passerait deux ans à le chercher. sorti, il lui en voulait de ne pas avoir su dire un mot. un simple mot pour lui faire comprendre qu’il n’était pas un monstre évadé de sa prison. un mot pour lui faire comprendre que sa vie à lui aussi, pouvait recommencer. au lieu de ça, le silence.
dix ans, c’est long pour accepter que ses émotions de jeune loup étaient bien trop immatures pour la vie d’adulte. en dix ans, on pardonne. on pardonne l’absence de mots réconfortants et on pardonne les regards appuyés. on excuse le temps et on comprend que la vie s’écrit au-delà de la passion. sid en a eu, du temps, en france et à azkaban. mais ça a détraqué les connexions naturelles qui apaisent l’âme. et si aujourd’hui il aimerait simplement lui dire, paye-moi coré, j’ai d’autres clients qui arrivent, il y a ces petites étincelles qui ravivent son esprit et le brusquent dans son détachement. parce que coré est belle, les épaules nues sur ce canapé poussiéreux. dans son jeu d’aguicheuse aux doigts dépeints de brillants. dans cette nuque dégagée, sur laquelle le loup, autrefois, déposait ses lèvres.
il y a quelque chose d’énervant, à la voir sourire.
c’est peut-être la veille de pleine lune, qui le rend nerveux. il y a ces douleurs cachées qui transpercent son armure de désenchantement. où es-tu, greyback, dans ta plus belle identité? l’homme se passe une main sur le visage et balaye ses cheveux bouclés en arrière. il enlève sa cape, lui aussi, et fait tomber le poids des apparences. ses mains sont rêches et vieillies, et ses doigts à lui sont dessinés non de bagues, mais de cicatrices. la bouteille de pur feu et deux verres gravitent dans la pièce, s’entrechoquent sur la table. sid se détourne de l’espace, marche calmement, accroche sa cape et celle de coré sur le porte-manteau de l’entrée. il a toujours eu cette aisance à feindre qu’il est à l’origine des initiatives. qu’il mène les idées sans les appliquer. c’est sans doute cette audace, celle de toujours, qui a brûlé leurs peaux d’enfants. après toutes ces années, il pensait que coré et lui ne se parleraient plus jamais. épris d’existences vouées à ne plus s’entremêler.
sid s’assoit sur une chaise, face à elle. il n’y a ni sourire ni méfiance sur ses babines. simplement des veines qui ressortent sur des bras trop marqués qui leur servent deux verres. - à la tienne, alors, il se penche vers elle. et c’est étrange cette sensation, qu’elle veuille retomber dans le jeu. qu’elle le provoque de ces années passées. « toutes ces années », pour sid, c’est une éternité. c’est les ébauches de quelque chose sur quoi il n’a pas d’emprise. une fatalité du destin qui lui tord les boyaux. la réalité qui lui rappelle qu’il n’est qu’acteur et appliquant d’une histoire régie par plus fort que lui. et il avale, deux grandes gorgées qui lui brûlent la gorge. ses yeux saisissent les siens, le gris se mêle au noir. il a quelque chose de mauvais, dans le regard. cette âme greyback que fenrir ne lui avait pas transmis. quelque chose qu’au fond, elle a irrévocablement éveillé. - j’espère que toutes tes années ont été meilleures que les miennes, il lâche, souriant, de cette calme sérénité qui brusque les silences et frappe la culpabilité qu’il ne saisit pas. ses yeux glissent sur son corps tendu, ses mains démonstratives, ses bras dorés de richesse, son décolleté et ses épaules aux dessins de défi, et enfin sur ses lèvres, toujours étirées. ses lèvres qui lui claquent son coeur dans une folie de rancoeur.
sid pose le flacon sur la table, ils sont là pour négocier.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 377
IDENTITY : red strings (manon)
FACE & CREDITS : ashley moore, @bonnie (avatar)
MULTINICKS : moreau et marla.

AGE : vingt-cinq années volubiles, qui n'appartiennent à personne, et pas même à elle.
BLOOD STATUS : c'est un liquide convoité qui circule dans ses veines, un sang bleu qui dorénavant s'apparente à un élixir de vie, puisqu'il ne peut plus en être autrement.
CIVIL STATUS : les bagues prestigieuses qui enchaînent les annulaires aux cœurs des amants sans amours.
JOB : elle nettoie la merde des incapables, elle passe pour ôter des fragments de vie, des fragments d'instant aux esprits des faiblards de moldus.
HOGWARTS HOUSE : serpentard.
MAGIC WAND : taillée dans du bois de mélèze, elle mesure trente virgule cinq centimètres et possède en son coeur une plume d’hippogriffe. elle est prédisposée aux sortilèges offensifs
PATRONUS CHARM : patronus incorporel.
MARAUDER'S MAP : londres, ministère de la magie.
POINTS RP : 491

MessageSujet: Re: yesterday's gone Sam 11 Mar - 22:34


take my love, it is not true,
so let it tempt no body new;
take my lady, she will sigh
for my bed where'er i lie;
take them, said the skeleton,
but leave my bones alone.


ça ne s'arrête pas le doute. ça creuse les failles aux moisissures des colosses et ça les élargit. ça se glisse, doucement, dans la fissure, colore des statues autrefois si belles du vert des serpents et du noir de la mort. et c'est le doute, qui chatouille le bout de son doigt et se meurt au bord de ses lèvres. et pourquoi. et comment. car s'ils sont fabriqués de toutes pièces l'un et l'autre des familles, les édifices se mouvent et s'adaptent. se désagrègent avec le temps. avec l'attente. avec cette façon de construire encore un peu, déjà, au dessus des crevasses qu'on finit par laisser à l'abandon alors que le lierre se glisse déjà contre leurs murs. c'est une prison délicieuse et pourrie que coré s'est construite avec délicatesse, agençant chaque étage, chaque étape avec précision, peignant les murs d'immaculé en sachant pertinemment que tous finiraient par s'assombrir. elle lui offre à lui le spectacle du château en lui faisant découvrir uniquement les endroits les plus reluisants. ses fiançailles somptueuses tout de même tachées de vert, elle les dépeint sur un tableau accroché à même la moisissure. et ça finira par se casser la gueule, sûrement. par s'écrouler de douleur.
mais elle sourit. comme on le lui a appris. repeindre ce qui est pourri et ne jamais partir parce que le lierre de ses obligations l'en empêche.
et parfois entre les fissures se glisse le soleil. c'est un peu de ça, aussi, qui guide ces actions théâtrales. le soleil au dehors. et ses yeux qui brûlent et sa peau qui percent. mais on n'abandonne pas la demeure familiale. on meurt avec elle.
et elle observe le soleil, le dehors. comme il a vieilli. comme il finit toujours par se lever à l'est, pourtant. sid se lève pour s'exécuter. elle en profite pour enfoncer encore un peu la lettre dans le fond de sa veste, un instant enfant, l'autre reine. reine d'un château qui pourrait bien s'effondrer de soleil.
elle ne quitte pas ce rôle dont elle se délecte avec prudence. c'est une séduction particulière qui opère, des négociations charnelles aux gallions qui s'entrechoquent dans cette cape sur laquelle elle est assise, jusqu'à l'espoir du soleil au loin. elle a l'impression de l'avoir observé de son lever jusqu'à son coucher pendant une éternité. presque dix ans. et qu'il se relève à l'est alors que des années durant elle aurait voulu le retrouver à l'ouest, s'accrochant aux derniers rayons susceptibles de transpercer les murs.
il revient verres à la main. ils claquent sur la table comme claquent les coeurs contre les poitrines.  elle l'observe. retrouver le jour après des années de crépuscule. le soleil au bord du gouffre de l'horizon. et c'est naïf, cet orangé qui se dépeint sur son visage dans la nuit. les bougies qui font ressortir le magma de ses veines à lui. elle les voit s'exploser en mille chemins sur ces avant-bras qu'il a découverts.
elle continue pourtant le ballet gracile dans l'observation. quelques mèches chatouillent le bas de sa nuque chauffée dans la nuit. elle esquisse encore un léger sourire, en attrapant son verre, le glissant à ses lèvres sans jamais quitter sid des yeux, à regarder le soleil jusqu'à s'en exploser la rétine.
une gorgée et le cœur réchauffé. elle se lève, déploie ses jambes qui s'élèvent fuselées. le bois craque sous ses pieds. et les yeux crament un peu, sans que pourtant jamais elle ne perde son sourire. coré parcourt les lieux avec intrigue, avalant une nouvelle gorgée dont l'étreinte se fait quelques instants brûlante. sur ses murs crient mille douleurs. et dans l'absence d'une contemplation précise et dans laquelle elle se perd. sid lui adresse quelques mots. elle a perdu de son rôle quelques secondes. glisserait ses doigts sur les murs pour montrer qu'un jour elle les a guéri si elle le pouvait. et puis elle finit par se retourner, lui offrant l'étendard de l'acte magistral, sans se demander finalement s'il s'agit d'un texte à chute. j'ai réussi mes études avec brio. elle s'arrête un moment. reste silencieuse, le visage baissé vers le parquet qui craque. elle reprend la danse incroyable. là, éloignée de la lumière, seuls les endroits saillants de son corps apparaissent d'un halo doré. les phalanges, les poignets nus, le chemin se dessinant jusque ses seins, l'arrête de sa mâchoire, les courbes de ses lèvres - qui s'étirent de nouveaux en ces sourires ravageurs qu'elle a(vait) l'habitude de lui offrir -, l'arrête de son nez, ses yeux noisettes face aux bougies. elle se rapproche de lui de ces démarches qui écrasent le monde et le font se replier sur lui même. doucement, pourtant. dans cette langueur qui se pavane bague au doigt. elle parvient jusqu'à lui sans le quitter des yeux, se glisse derrière sa chaise. et le numéro de charme qui recommence. elle attrape le dossier de la chaise.
et le soleil entre et elle se barricade. fini, les journées, fini, les crépuscules. parce que vivre trop longtemps dans la nuit conditionne à l'absence. elle aurait aimé pouvoir l'affronter réellement, le laisser se rapprocher comme il le faisait auparavant. mais elle a grandi, zabini. ses doigts se déploient autour du barreau de bois. elle l'observe, un peu plus haut que lui. ses épaules se déploient en immense muraille infranchissable sous son regard hautain. et pourtant, elle détruit. elle détruit tout. un léger rictus s'échappe d'entre ses lèvres tandis qu'elle glisse les bras au dessus de ses épaules doucement, tragédienne parfaite au rôle rôdé. ses gestes s'esquissent dans l'espace comme les croquis précis d'un dessinateur avisé. elle effleure tout juste son cou de sa peau nue. c'est brûlant, le soleil. de si près, ça réveille les coeurs les plus noirs et ça ensoleille les désirs les plus sombres.
et elle détruit pour de bon, s'appuie sur les décombres de la muraille en posant ses bras de fausse colombe sur ses épaules, joignant ses mains sur son torse. ses lèvres s'approche de son oreille. je me suis fiancée avec marcus flint. qu'elle murmure, victorieuse dans son indécence. qu'elle est pitoyable, de ses lèvres qui se déploient dans son oreille à lui. elle marque une pause. héroïne ridicule des contes dont les chemins se perdent. histoire toute tracée, tragédie bourgeoise pré-écrite alors qu'elle sort du texte. pour vérifier. les preuves d'anciens amours. qu'il lui dise qu'il aurait aimé la retrouver. qu'elle ne l'a pas pleuré pour rien. et pourtant, la vengeance se dresse également en motivation de ces doigts qu'elle glisse finalement sur son torse, aiguilles doucereuses au poison d'amour amer. elle remonte doucement ses mains jusque sur ses épaules. les presse un peu sans bouger son visage à elle avant de reposer ses mains sur le dossier. et toi, tes dix dernières années se sont bien passées ? qu'elle balance de son arrogance. de ce que j'ai entendu, tu honores avec élégance ta famille. encore un rire qui s'échappe en souffle dans son oreille à lui. et elle se redresse doucement, serrant de ses doigts graciles le barreau de bois, toujours. sans ciller. princesse d'émeraude aux murs pourris.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 606
IDENTITY : silvia
FACE & CREDITS : lucho jacob (c) balaclava
MULTINICKS : adrian pucey, lev saddler, feu saul giack

AGE : vingt-huit
BLOOD STATUS : wolf
HOGWARTS HOUSE : slytherin
SPECIAL CAPACITY : lycan
MARAUDER'S MAP : sur son rafiot
POINTS RP : 1562

MessageSujet: Re: yesterday's gone Mar 14 Mar - 0:33

elle avait quatorze ans et les idées claires sur un monde qu’il ne saisissait pas. pas de lendemains définis, gravés dans des pierres précieuses. l’unique combat qui dirigeait les pas de sid, c’était ce sang trop lourd pour être dénigré. il avait ce calme dans le regard qui rassurait son feu. ces épaules droites, pas trop relevées, pas trop tendues, pas trop strictes. détachées d’une existence conditionnée par les coutumes des apparences. il avait ces mots qui laissaient entendre que de toute façon, tout irait bien. sans projets et sans objectifs, tout irait bien. car sid n’avait pas besoin de se dessiner des perspectives. il avait cette assurance naturelle, cette certitude, qu’un jour, il regarderait en arrière et sourirait à toute la pression ignorée. fenrir était un monstre, mais il offrait à ses loups l’illusion de vivre leurs choix. loin des statues de marbre de la hiérarchie au sang pur. l’animal dominait l’homme, et l’animal se fichait des faux semblants. il savait bien, qu’à pression délivrée, il éveillait la meute. c’était la plus belle des manipulations.
elle avait cette fierté du sang et du nom. il brisait le sien derrière des murs de silence. la meute dominait un patronyme aux connotations sanguines. coré était zabini, avant d’être femme. sid, lui, était loup, avant d’être greyback. ensemble, ils avaient ce besoin de briser les équilibres, brûler les périmètres de cercles trop lisses. ils avaient ce besoin de vivre, au-delà de leurs histoires. c’est peut-être ce combat qui les a séparés. coré avait tout défini, quand lui se limitait à dépeindre sa journée.
et les voilà.
l’histoire a réussi à celle qui a anticipé. elle se dandine dans une pièce absurde à laquelle il ne participe pas. joue de son âme sur les souvenirs qui fâchent. quand lui s’assoit, elle se lève. éternelle contradiction de celle qui veut dominer. adolescente, c’en était drôle. mais maintenant? elle est triste. pauvre de contraste. seule dans un jeu théâtral aux traîtres lumières. il voit briller sa peau et ses formes, s’attarde sur la courbure de ses seins, quand sa tête tout entière se noie de mépris. les secondes tiennent du délire, mais il ne peut quitter la pièce. elle l’englobe et l’étouffe dans ce jeu d’un autre temps. alors il avale une autre gorgée et croise ses jambes pour observer le spectacle. coré l’énerve. de son attitude elle piétinne toutes les images auxquelles il s’est accroché. elle trace un trait sur la lettre et sur les espoirs de l’attente. elle crache sur les silences de la liberté. elle brûle les excuses des années vécues. elle salit leur histoire, douloureuse mais bien réelle, leurs au revoir non dits, leurs destins séparés. l’alcool lui brûle encore la gorge quand ses mains se posent sur le dossier. c’est une gamine, il pense. une gamine en mal d’attention. et elle a trouvé en lui le parfait pantin pour redorer son égo. c’est cet irrespect, qui la rend inhumaine. ce souffle à ses oreilles qui lui crispe la mâchoire. elle est fausse, elle est laide dans ce jeu outrageux.
mais ses mains frôlent ses épaules et glissent sur son torse. il se tend, loup aux veines dessinées, et les crocs marqués dans son bras s’animent de douleur. son souffle s’éteint et ses battements faiblissent. il est aujourd’hui loup, plus qu’il n’est humain. ses instincts sont décuplés et ses gestes contrôlés. sid attend, attend que le jeu s’opère dans un silence de mort. étouffe sa colère pour ne pas céder à cette chaleur qui lui saisit les tripes. le paradoxe l’écoeure, entre le mépris qui l’éloigne d’anciennes émotions, et ses ressentis, inévitables, d’homme. elle s’éloigne. poison de contact qui enfonce le dernier coup de poignard. le plus fort et le plus traître. celui qui scelle parfaitement une pièce aux fausses notes retentissantes. mascarade qui cache le soleil et plonge leur espace dans le noir. tous ses brillants n’y pourront rien, elle n’est que l’ombre d’une zabini. - qu’est-ce que tu veux, coré? il boit, encore, et l’alcool le fait frissonner. la question est courte mais la réponse se perd dans un horizon de reproches. - qu’est-ce que tu veux savoir de plus que tu ne sais déjà? comment c’était, là-bas? qui a fait ça? pourquoi? comment? quelles cicatrices? combien de cris? combien de pleurs? il souffle, encore calme, encore lucide, encore sombre dans cette pièce sans lumière. pose sa main sur son bras pour qu’elle arrête de fuir. se lève et l’affronte, petite zabini aux mains de diamants mais au coeur de vautour. il a cette âme meurtrie de pulsions. l’âme de l’homme qui rejette le loup, comme il rejette son histoire et toutes les lignes qui le lient à elle.
la vérité, et sid le sait, c’est qu’elle ne veut rien savoir. elle ne fait que provoquer un jeu qu’il a quitté il y a dix ans.
car le jeu est mort quand elle l’a tué.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 377
IDENTITY : red strings (manon)
FACE & CREDITS : ashley moore, @bonnie (avatar)
MULTINICKS : moreau et marla.

AGE : vingt-cinq années volubiles, qui n'appartiennent à personne, et pas même à elle.
BLOOD STATUS : c'est un liquide convoité qui circule dans ses veines, un sang bleu qui dorénavant s'apparente à un élixir de vie, puisqu'il ne peut plus en être autrement.
CIVIL STATUS : les bagues prestigieuses qui enchaînent les annulaires aux cœurs des amants sans amours.
JOB : elle nettoie la merde des incapables, elle passe pour ôter des fragments de vie, des fragments d'instant aux esprits des faiblards de moldus.
HOGWARTS HOUSE : serpentard.
MAGIC WAND : taillée dans du bois de mélèze, elle mesure trente virgule cinq centimètres et possède en son coeur une plume d’hippogriffe. elle est prédisposée aux sortilèges offensifs
PATRONUS CHARM : patronus incorporel.
MARAUDER'S MAP : londres, ministère de la magie.
POINTS RP : 491

MessageSujet: Re: yesterday's gone Mer 15 Mar - 0:36


take my love, it is not true,
so let it tempt no body new;
take my lady, she will sigh
for my bed where'er i lie;
take them, said the skeleton,
but leave my bones alone.


elle ne connaît que la rage incandescente et silencieuse. que ces désirs soudains et illusoires de mettre coeurs à feu et à sang, les flammes figées dans les coeurs glacés animés par cette même animosité qui nourrit les guerres. c'est bien une guerre, ici, qui se joue sous ses doigts agiles et exercés, une guerre en ce loup et contre lui qu'elle devine rapidement, de ces phalanges saillantes à la mâchoire grossie. et jamais elle ne s'arrête, hésitant encore pourtant, entre la barricade ou les milliers de ponts qu'elle pourrait ériger en son honneur, jusqu'à son cœur, qu'elle sent un peu une infime seconde du bout de ses doigts. c'est bizarre de ressusciter les morts ainsi. sortir de l'oubli en devinant un instant de vie. sortir du deuil, profaner les tombes. lui a commencé la guerre en détruisant toutes les certitudes de son amour perdu.
et ça brûle au fond du cœur, de s'en souvenir. de ses lèvres sur son front, autant qu'elle puisse les haïr aujourd'hui. ça glace le sang l'idée de revenir d'entre les morts, et ça détruit au fond du corps et des tripes. et tout est guerre ici-même. de cette excitation et ce désir réprimés de redessiner sous ses doigts les rayons d'un soleil d'autrefois combattant contre les rancœurs qui restent là, immuables, se dressent en planches de bois contre chaque fenêtre, chaque porte à l'encadrement pourri et tombant en ruines. c'est une guerre pour garder l'édifice intact, en vanter les mérites et le prestige. c'est une guerre de noms gravés au fer rouge sur des peaux, murs à l'apparence intacts mais bâtis depuis des siècles déjà sur les carcasses d'autres talentueuses âmes.
c'est dans ce leurre qu'elle se rassure. dans celui de s'imaginer peut-être que les pauvres corps des morts pourraient la sauver des mains du soleil.  brandir son nom en croix sacrée pour éloigner toute autre adoration ou passion si ce n'est celle du pouvoir et de la famille. crucifier les traîtres et effacer les traces. elle connaît, coré. elle passe son temps à prier des destins en les forçant au nom d'une légitimité sacrée dont elle n'a jamais douté. il s'agit de l'inné. de son cou gracile et son goût prétendu pour la mort. il s'agit des âmes sur lesquelles s'érige l'immense édifice qu'elle croit construire de toute pièce, alors que les murs, eux, s'effritent du poids de ces corps à l'opportunisme frappant. une construction superbe aux fondations creusées.  
et il a toujours menacé de tout faire s'écrouler, dans cette intimité lancinante qu'elle lui a accordé étant jeune. abjuration du séminaire de ces vingt-cinq années pieuses à tuer, piller les âmes, ôter les coeurs.
ainsi le jeu gravite autour de l'espoir de ne pas s'écrouler. elle a les jambes et bras déployés, oiseau de malheur, corbeau à la robe noire prête à bouffer les charognes. son corps ou le sien. et elle commence déjà à grignoter sur ces cicatrices évidentes, terrains de jeu de prédilection de ceux ayant quelque chose à perdre. attaquer par la facilité. piquer la chair en annonçant la mort. elle se joue de ses pattes trempées dans la merde de ses blasphèmes du cœur vagabond de la carcasse du solitaire. qu'il traîne et qu'il déplace, la tirant du reste de ses forces. parce qu'elle les voit, du haut de son perchoir, ces tempes qui se contractent et ces doigts qui se raidissent. et elle observe le chef-d'oeuvres d'année passées où, sans le savoir, elle l'a devancé.
et puis, elle croit laisser une pause l'âme corbeau. s'en aller pour mieux revenir. tournoyer se faisant vautour autour des restes de sa proie, encore nombreux. et le jeu se renverse. ses mains d'homme à lui entourent ses poignets comme d'autres ont emprisonné son doigt. et c'est elle qui marque une pause, songeant un instant raviver les attaques froides, plonger de nouveau sur les plaies béantes et dévorer ce qu'il reste. mais rien. juste un poignet qui se débat violemment pour sortir de l'étreinte -  parce que ça fait mal, le soleil qui cherche à emprisonner comme d'autres l'ont fait. ça fait mal, les doigts qui entourent si forts les poignets fins qu'ils menaceraient de les briser. et ses mots frappent en même temps que son corps à elle déchante, un instant. le port de son cou perd d'arrogance, sans que pourtant elle ne le quitte des yeux. les fissures des murs qui s'élargissent de nouveau, écartelées par un ton un peu plus fort, un peu moins calme. elle reste de marbre de longues secondes sans bouger, réprimant avec maladresse les quelques larmes qui se nichent au coin de ses yeux. parce que la guerre revient. entre les désirs, les reliquats d'amour et la rancoeur d'avoir tant souffert.
et c'est ce qu'il y a de pire, de ne pas savoir.
alors le corbeau devenu moineau brandit soudainement sa baguette, la glissant contre le cou de greyback d'un geste soudain dans lequel tous pourraient deviner le désespoir des comédiennes ayant perdu leur texte un instant. et pourtant, elle le conserve son masque d'interprétation alors qu'une seule et unique goutte salée parcourt sa joue tandis qu'elle finit par le toiser. la baguette qui caresse sa jugulaire, se glisse contre la veine avec délicatesse, tandis qu'elle retrouve de ces masqués taillés sur mesure. au nom sacré de sa famille. je ne sais pas, moi. pourquoi tu es parti ? ou tout du moins, pourquoi tu n'es jamais revenu ? un sourire étire ses lèvres de nouveau tandis qu'elle décroche enfin ses prunelles des siennes, suivant la baguette d'un regard joueur. je parie que c'était pour m'éviter la terrible honte, sur le long terme, d'avoir pris pitié d'un greyback comme je l'ai fait avec toi. elle crache la vipère émeraude, bouffe les chairs, parce qu'elle ne sait plus. elle ne cesse pas de jouer de sa baguette, posant tantôt ses yeux sur cette dernière, tantôt se perdant dans les siens à lui. ses yeux se sèchent peu à peu des larmes qui n'ont pas coulé dans lesquelles se reflétaient d'autres vérités tues, encore. et pourtant, plus rien. pas une once durant de nombreux instants de compassion en l'honneur de l'amour partagé. parce qu'on ne porte pas ainsi atteinte au prestige de ce qu'elle croit avoir mis tant de temps à construire. il est l'abjuration qui prononce le blasphème, suscite les péchés. elle bat encore un peu des paupières, reprenant ses masques, monstres de domination qu'elle croit imposer de ses simples mots jusqu'à sid. coré de nouveau pose quelques doigts plus appuyés sur son torse, redressant son visage d'un port de tête royal, et glisse sa main sur sa taille en contournant la carcasse jusqu'à parvenir dans son dos. prédateur d'un jour, ou deux avec lui, sa main remonte doucement jusqu'à son cou, effleure sa peau brûlante - sûrement de douleur et de haine - avec sensualité, avant que, finalement violemment, ses doigts s'emparent de sa mâchoire tandis que de nouveau l'animal apeuré repointe sa baguette plus fermement contre la gorge de ce qu'elle voudrait être sa proie. les pressions sont plus fortes. elle encadre de ses doigts fins et allongé son visage à lui dessiné de mille mots que jamais il ne lui dira.
elle le sait.
enfonce alors encore un peu sa baguette contre sa veine, esquissant un sourire, collant son corps fiévreux d'incertitudes, visage à peine au dessus des épaules et poitrine pressée contre le dos. c'est le souffle court, qui parvient un instant à s'échapper doucement, qui peut-être se fraie un chemin jusqu'au creux de son oreille à lui. qu'il l'écoute. un peu.
ce coeur s'explosant les muqueuses contre son dos.
tu vas me le donner, ce venin d'acromentule ? qu'elle finit par glisser dans un rictus nerveux, presque effrayant de tremblements.
parce que ça l'a presque tuée, l'absence.
de ces insomnies à l'aimer jusqu'aux supplices juvéniles de la culpabilité.
et encore de longs instants elle croit que c'est l'absence.
alors que ce sont en réalité les silences assourdissants des mots qu'ils se sont cachés qui peinent encore à les guérir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 606
IDENTITY : silvia
FACE & CREDITS : lucho jacob (c) balaclava
MULTINICKS : adrian pucey, lev saddler, feu saul giack

AGE : vingt-huit
BLOOD STATUS : wolf
HOGWARTS HOUSE : slytherin
SPECIAL CAPACITY : lycan
MARAUDER'S MAP : sur son rafiot
POINTS RP : 1562

MessageSujet: Re: yesterday's gone Jeu 16 Mar - 17:22

et ça fait mal, aussi, l’isolement. le cloisonnement étouffant au prix de de la conscience. le coeur qui s’emballe constamment dans une terreur au goût amer. le silence des jours ensoleillés, quand les rayons trop forts frappaient le toit de verre, rendaient brûlant le sol de pierre, épuisaient le corps déjà rendu trop maigre. il se souvient de la soif, celle qui prend au ventre, assèche la peau, brouille la vue. la soif qui fait tomber un corps en construction, le rend victime des décisions d’autrui. on pense souvent que le cerveau régit tout, mais c’est le corps, c’est le corps qui maîtrise la vie ou la mort. il n’y avait pas de bonne ou de mauvaise journée. une simple attente infinie à laquelle on finit par se conditionner. attente du jour où, finalement, le coeur cesserait de combattre.
et pourtant il est là. grand et fort. la mâchoire carrée de l’enfance devenue adulte. les épaules dessinées d’un poids construit par les années passées. toujours douloureux, toujours vivant. toujours victime de ce sang tâché par le poison lycan. le sang circule, diffuse l’oxygène qui dilate les alvéoles. il souffle dans ses poumons, il s’incruste dans ses muscles, sa peau, ses yeux. il tend ces doigts longs, brouillons, qui s’agrippent à son poignet. et c’est cette étreinte qui veut dire regarde-moi, regarde ce que je suis devenu. colosse au soleil qui se meurt. malmené par un jeu de déroute. le rafiot s’éclate contre les côtes atlantiques. las, il abandonne l’espoir des apparences et laisse transparaître son véritable squelette : du bois pourri. sid sent le tressaillement du loup dans ses muscles qui se délient. debout, il est grand, bien plus grand qu’elle. pourrait la faire tomber d’un simple coup de main. et il y pense, un instant, à briser ce corps dont la peau attise la haine. éteindre ce sourire qui, autrefois, le rendait beau. le rendait fier et assuré. elles sont terribles, les attentes de l’amour adolescent. les convictions presque arrogantes, les sourires trop provocants. hier, on les enviait. duo presque parfait aux notes envoûtantes.
aujourd’hui….
ils ont raison ceux qui disent que la passion se meurt dans les temps des sonates.
aujourd’hui ils ne sont rien d’autre que des étrangers. elle est presque flint, quand lui est presque libre. leurs corps ne s’accordent plus, leurs âmes ne s’embrassent plus ; ils ne sont plus rien.
et c’est ce rien qui lui tord le poignet, qui le relâche un instant au naître des larmes. comme le venin, elle attaque. et lui, quitte sa main. les mouvements s’enchaînent, incohérents, comme les scènes d’un film. la lumière est faible, dessine quelques ombres sur leurs visages noircis de rancoeur. le souffle est fort, retenu, spontané. le sol grince, inconstant, rappelle la sordidité du décor. rien, ne devrait être comme ça. elle est moche, cette scène. et ça le fatigue, sid. ça le fatigue d’évoluer encore et encore dans des scénarios maudits. ça le fatigue de se sentir pion. ça le fatigue, de se sentir amusement. c’est écoeurant, cette impression de n’être que le fruit d’un défi quotidien. encore plus maintenant, lorsque ses mots titillent ses souvenirs et arrachent le dernier fil de soie qui le liait à elle. - alors tu veux qu’on parle? il glisse, calme, prêt à l’ultime concession. il n’y croit pas, il pense à la mauvaise foi. il vit ce syndrome terrible de ceux qui ont mal tourné, cette sensation oppressante que tout le monde sait. tout le monde voit, tout le monde scrute, analyse, demande. qu’est-ce qu’il lui est arrivé, au loup?  si le sacrifice justifie l’ultime scène de ce film éreintant, il est prêt, le loup, à se laisser aller... mais coré enchaîne et ses crocs se bloquent. - non, c’est qu’un jeu pour toi, conclue à voix haute ce qu’il pense déjà depuis longtemps.
elle le regarde et il tourne la tête. lèvres pincées dans l’acceptation de ses derniers mots. rien n’a jamais eu de sens. l’homme ferme les yeux quand elle continue son manège, visage tourné au loin qui attend - encore - qu’elle gagne sa partie. cette fois-ci, ce sera sans lui. sans lui, cette compétition d’égo blessé. il se hait de frémir au toucher de ses doigts. se force, statique, à ne laisser transparaître aucun souffle appuyé, aucun mouvement dérangé. sid veut redevenir sidney, à l’armure inébranlable d’émotions sauvegardées. et sid ne tremble pas, à la violence de sa main. il ouvre les yeux et se retient de mordre. se retient de pousser ce coeur dont il n’entend aucun battement. il n’entend rien, sid, rien d’autre que son coeur à lui qui crie la colère de dix années de silence. - allez vas-y, fais le, il claque, pose sa main sur celle de coré, serre avec elle cette baguette enfoncée sur sa jugulaire - détruis ce qu’il te reste à détruire, pousse encore un peu, autant qu’il emprisonne sa main. et ça fait mal, cette arme qui lui coupe le sang. ça blesse, comme la déception de souvenirs tâchés. les secondes tombent et sa violence d’homme transparaît. il lâche sa main et baisse sa baguette. se tourne et fait face à ses yeux, ses yeux qu’il ne voulait pas regarder. - tiens, tu peux y aller, je ne veux rien de toi, lui donne le flacon et attrape sa cape.
- tu sais, pendant que tu me haïssais, moi je t’excusais, et le sourire glisse sur ses lèvres comme une moquerie envers lui-même. moquerie qui frappe, moquerie qui l’empêche de la voir, moquerie qui brouille ses yeux d’une faiblesse avouée.
enfin, après toutes ces années.
il lui lance sa cape et le parchemin s’envole.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 377
IDENTITY : red strings (manon)
FACE & CREDITS : ashley moore, @bonnie (avatar)
MULTINICKS : moreau et marla.

AGE : vingt-cinq années volubiles, qui n'appartiennent à personne, et pas même à elle.
BLOOD STATUS : c'est un liquide convoité qui circule dans ses veines, un sang bleu qui dorénavant s'apparente à un élixir de vie, puisqu'il ne peut plus en être autrement.
CIVIL STATUS : les bagues prestigieuses qui enchaînent les annulaires aux cœurs des amants sans amours.
JOB : elle nettoie la merde des incapables, elle passe pour ôter des fragments de vie, des fragments d'instant aux esprits des faiblards de moldus.
HOGWARTS HOUSE : serpentard.
MAGIC WAND : taillée dans du bois de mélèze, elle mesure trente virgule cinq centimètres et possède en son coeur une plume d’hippogriffe. elle est prédisposée aux sortilèges offensifs
PATRONUS CHARM : patronus incorporel.
MARAUDER'S MAP : londres, ministère de la magie.
POINTS RP : 491

MessageSujet: Re: yesterday's gone Mer 22 Mar - 23:00


take my love, it is not true,
so let it tempt no body new;
take my lady, she will sigh
for my bed where'er i lie;
take them, said the skeleton,
but leave my bones alone.


ce sont des jeux qu'elle mène en plein jour, sans cesse, toujours, comme si la seule réponse à ces douleurs immuables restait de les dissimuler derrière les masques de l'arrogance. et les masques qui se brisent, parfois, les édifices qui un instant menacent de tomber et d'exploser mille pierres de marbre lourd contre le sol de son simple regard à lui, de ces simples souvenirs d'une culpabilité qu'elle n'a pourtant jamais ressentie depuis. c'est un monstre de poison qu'elle ne saurait confectionner, de ceux qui pourrissent l'âme bien plus que tout sortilège, qui se glissent dans les artères, rendent noir le rouge et ralentissent les battements de cœur jusqu'à suggérer la mort - la sienne comme celle de sid. et il répond à ses mots dans un espoir vain qu'elle tait dès lors qu'elle rouvre les lèvres peintes d'orgueil. un brin de soleil et des mains qui placardent de nouveau les fenêtres et confinent l'espace de sa cage thoracique. rien qui rentre. plus rien, désormais. si ce ne sont ses mots à lui qui parviennent pourtant jusqu'à son coeur, l'effleurent sans parvenir à le toucher. le sang noir s'est dilué. reste la beauté du sien, pur et intact. et qu'elle ne laisserait se faire tâcher de nouveau pour rien au monde.
et des gestes qui s'enchaînent, et des danses qui reprennent.
elle la sent au bout des doigts, cette mort qui pourrait se glisser de quelques mots tranchants qui retentissent dans son esprit, font trembler ces lèvres de colère. le soleil brûle et irradie, n'a jamais été aussi violent. c'est douloureux, de le sentir au bout de ses doigts crispés, de cramer sa peau à coups de déchaînements soudains. c'est ici que les barricades s'effondrent de longs instants. sous ce pouce et cet index qui serrent sûrement trop fort le visage d'autrefois qui crie à l'aujourd'hui. elle le voit déchirer ses plaies, exhiber en plein jours d'autres blessures qui finalement n'ont jamais réellement cicatrisé. elle le hait de longs instants. dans cette façon que le soleil a de resserrer sa mâchoire dans cette indifférence mesurée, calculée, dans cette façon de détruire les châteaux d'illusion en illuminant simplement leurs failles. elles sont là, béante, et ça pourrait s'écrouler d'un moment à l'autre. tout s'effondrerait si seulement elle parvenait à faire de tout obscurité. prononcer un instant deux mots ridicules, éteindre une lumière trop envahissante, assassine d'un soleil qui lui a longuement coûté. elle tremble, elle. elle n'arrête pas de trembler et encore plus à mesure qu'elle tente de se contrôler. son corps se crispe contre celui de sid alors que dans les paradoxes de ses pensées elle se serre toujours davantage contre lui. se brûler encore un peu. exposer les derniers endroits qu'elle n'a pas réussi à protéger de la lumière. ça illumine l'intérieur de son coeur balafré de longs instants. et elle se demande. cesser le jour enfin. faire taire ces centaines de faiblesses sur lesquelles elle a pourtant érigé des murailles d'indifférences et d'ambitions. des merveilles d'architectures construites sur rien si ce n'est ce qui avait déjà été détruit, failles creusées au nom de l'intérêt. elle le sait. et ces reflets que lui n'a de cesse de lui renvoyer se font hurlant dans ces silences hésitants. ça lui paraît durer une éternité. ses doigts à lui qui se resserrent sur sa main déjà emprise de la force de ceux qui hésitent à tuer. la baguette s'enfonce un peu dans la chair, un peu trop sûrement. elle ne bouge plus. le souffle court qui s'explose contre l'épaule de greyback comme ses mots à lui s'explosent dans sa boîte crânienne. et la baguette qui s'appuie encore un peu plus tandis que coré feint pitoyablement ces rictus orgueilleux. et pourtant, elle ne fait rien. fantôme d'un amour qui hante ses pensées. à éclairer à la lumière du jour mille morts restées dans l'obscurité de l'indirect. elle tue des sans-visages à la baguette et d'autres aux traits taillés dans l'insouciance par le poison.
et ça reste lointain.
et ça reste la nuit.
ça paralyse de douleur les brûlures. dépression respiratoire qui reste de longues secondes tandis qu'elle le laisse se défaire de son étreinte assassine sans rien dire, pour une fois. et pendant des secondes qui paraissent immensité dans le temps leur étant accordé, plus de masque qui ne tienne. elle ne parvient même pas à le revêtir quand il plante ses yeux dans les siens. vulgaire tragédienne de huit clos dont les murs se sont effondrés. coré reste ainsi le temps qui lui est accordé. jusqu'à ce qu'il lui balance le flacon qu'elle laisse rouler à ses pieds et sa veste qu'elle attrape de sa main libre.
et le parchemin qui s'en échappe.
ça suffit à la réveiller, cette image. ça suffit à réveiller la douleur, une fois l'anesthésie passée. à réveiller ce feu à elle d'entre ses côtes éteint de longs instants, balayées, les flammes par les souffles du soleil, ensommeillées les braises qui chahutaient pourtant ses doigts. ils se crispent de nouveau. et son visage qui se ferme. c'est le feu qui détruit dans les silences, embrase des forêts entières dans l'ignorance des hommes. et froidement, elle tend sa baguette. automate d'un moment qui ne prend même plus la peine de construire l'affect. incendio. qu'elle crache calmement comme les venins des indifférents. le parchemin s'embrase sur le parquet. un léger sourire se dresse sur ses lèvres tandis qu'elle affronte de nouveau sid, cape à la main, projetant d'un coup de pied léger le flacon de venin dans un coin de la pièce. cette lettre était mienne.
ça vacille, les poupées. entre ces peintures que l'on a dessiné sur leurs visages toutes leurs vies et ces instants qui les arrachent à leur confection parfois. elle vacille, coré, tandis qu'elle s'avance vers lui. funambule épuisée de la mascarade qui pourtant ne sait faire autrement. on ne lui a pas appris. on ne lui a pas dessiné au coin des lèvres un visage détendu en spontané, on ne lui a pas écrit dans la boîte crânienne la fidélité et l'honneur, on ne lui a pas inscrit au bout des doigts de ne toucher que ceux qu'elle aimait. on lui a appris à les tuer, souvent.
et c'est presque ce qu'elle veut faire, lorsqu'elle arrive devant lui, calme. loin des considérations sentimentalistes sur lesquelles elle crache dans la longue tirade de ses mensonges qu'elle profère en prière à ses ambitions. tu veux la vérité, sid ? c'est que je ne t'ai jamais aimé. elle marque une pause, plante son regard dans le sien. ne se joue ni de sa voix ni de son corps. elle a simplement le menton incliné pour pouvoir planter ses iris immobiles dans ses yeux à lui correctement. tu as raison, ce n'était qu'un jeu. on s'amusait bien ensemble. et j'ai écrit cette lettre pour que tu reviennes - d'une certaine façon, j'ai peut-être éprouvé de la sympathie pour toi. suffisamment tout du moins pour trouver une raison pour te faire revenir. je savais que c'était ce que tu voulais. mais j'ai fait ça pour toi. et elle enfile sa cape, lui tourne le dos simplement, et va rechercher le flacon de venin qu'elle glisse dans sa poche, s'arrêtant à l'autre bout de la pièce, stoïque et face à lui. tu as gâché ta vie par amour pour un jeu et pour une fille qui n'en avaient que faire de toi. tu t'es presque tué seul, sidney. je n'attendais rien de toi.
ça ne fait presque rien ces mensonges. parce qu'elle refuse, la princesse aux épaules déployées, de se laisser toucher ainsi. craquer au point de tuer par passion et non pas par indifférence. se soumettre au jour alors qu'elle se doit de vivre face à lui. courber l'échine sous d'anciens amours pour lesquels pourtant elle n'a que peu de considération. baiser les pieds de ceux qui l'ont déjà fait se plier. embrasser une main qui s'empara de son coeur. accepter encore un jeu aux désirs de l'autre dont elle se construit encore l'image d'hier.
elle ne peut pas.
parce qu'elle a l'anneau autour et l'ambition au bout du doigt. parce qu'elle ne connaît pas amour mais seulement l'idée d'un roi. qui trône, juge, ordonne aux côtés des princesses déchues.
et elle espère encore du haut de ses édifices bancales pouvoir toiser un monde à feu et à sang. elle le regarde encore. feint l'altruisme à la perfection. si bien qu'un instant elle pourrait même se persuader.
je te dis tout ça dans l'espoir que tu te libères toi-même. ne gaspille pas ton énergie à haïr quelqu'un qui ne t'a même pas aimé. on n'en vaut pas la peine.
coré range sa baguette. elle le regarde, prostrée de ses murailles infranchissables desquelles tout de même les sentinelles d'un coeur bien battant attendent réponse. par ego et curiosité.
dans l'espoir mince qu'il crache à la gueule de ces abjurations des amours passés.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 606
IDENTITY : silvia
FACE & CREDITS : lucho jacob (c) balaclava
MULTINICKS : adrian pucey, lev saddler, feu saul giack

AGE : vingt-huit
BLOOD STATUS : wolf
HOGWARTS HOUSE : slytherin
SPECIAL CAPACITY : lycan
MARAUDER'S MAP : sur son rafiot
POINTS RP : 1562

MessageSujet: Re: yesterday's gone Lun 3 Avr - 23:59

- je ne te hais pas. et c’est dur à prononcer après avoir vu la lettre brûler. comme un vieux torchon. comme n’importe quoi, une allumette, un soupir, un amour. mais il a eu le temps de s’en détacher, à azkaban, de ce vieux parchemin. parce qu’à azkaban, outre leurs sales vêtements gris de détenus, ils n’ont droit qu’à une chose dans leur cellule (grise, elle aussi) : leur âme. ternie de culpabilité et de dépendance, aux âpres silences de punition. on devient animal, à azkaban. on se libère de sa conscience et on s’enfonce dans l’oubli. l’oubli, sid l’avait déjà vu naître. loup affamé d’espoirs effacés, il s’en est sorti sans trop se battre. et c’est peut-être la voir elle, brûler le passé, qui l’attriste le plus. parce que dans un soupçon adolescent ils ont appris à jouer, et c’est ce jeu qu’elle a aujourd’hui renié. la lettre était à elle, mais la vie était à lui. et greyback s’enflamme aussi, comme cette lettre, à la voir cracher. sourire conquérant d’un espace qui ne lui appartient plus. elle veut dominer un appartement qui ne la retient pas, elle veut dominer un amour qu’il ne ressent pas, elle veut dominer sa vie qu’elle ne maîtrise pas. il redessine des yeux ses mouvements d’indécise. ses paraître et ses peut-être. - c’est toi qui reste, coré, quand il l’a invitée à partir il y a de cela plusieurs minutes. mais sa veine tape un peu trop dans son cou et il se sait… pas si serein. parce qu’au renaître des souvenirs oubliés le loup se sent souillé. piégé dans une cage de déni. il sait qu’au fond d’elle les mots ne sont qu’une façade. mais ils blessent, dans leur froideur. ils blessent de mépris. ils blessent de cette absence de respect que lui s’efforce à construire. parce que coré est belle, oui. mais coré n’est pas que ça. et sidney a tenu des années en pardonnant son esprit d'adolescente. en la justifiant de mille excuses aux couleurs d'intelligence, aux couleurs d’orgueil et aux couleurs d'ambition. il lui a offert la rédemption.
et voilà.
voilà ce qu'il reste des excuses et du temps. des secondes passées à écrire des cycles. à dépasser, toujours. oublier, jamais. - on était adolescents, coré, c'était pas de l'amour. il lâche à son tour, dans une provocation évidente. elle n'est pas la seule à pouvoir parler du passé. elle n'a pas l'exclusivité des faits et la véracité de la conscience. à chaque histoire ses deux versants. l'homme loup s'avance vers elle et ses crocs sont tendus. elle cherche à l'énerver et le fait royalement bien. de ses mains aux bagues brandies la reine dépeint un paysage ridicule. elle le fait croire idiot dans une histoire tragique. héros malheureux d’un destin cherché. et ça lui plait pas ça, à sid, une vie gâchée par amour. - et toi tu ne sais rien de ma vie. il claque entre sa langue et son palais. - tu as juste trop peu de respect pour accepter que je m'en fiche, maintenant, de ta présence et de tes beaux yeux. de ces boucles qui dessinent ton cou et de tes mains allongées de diamants. il se délecte de cette certitude, greyback, comme on se complait d’un choix évident. on l’accepte sans oser y croire. sans y repenser, sans retour en arrière. c’est tracé comme les points sur les i. c’est… normal et naturel. le temps a dessiné des souvenirs aux parfums de regrets. c’est une mauvaise sonate qui se joue  dans sa tête, un tempo saccadé aux croches haletantes.
au fond, peut-être qu’il la hait un peu. et peut-être qu’il rage de la lettre brûlée.
sid lève sa baguette et verrouille la porte. il s’approche de coré la baguette le long du corps. et c’est ce corps de géant qui domine la maigre silhouette. son visage est si proche que son souffle (calme) se meurt sur ses paupières. - mais vu que tu ne veux pas partir on va se la raconter cette histoire, il enlève son pull et dégage ses bras marqués de tatouages et cicatrices. il pourrait faire peur, le loup aux yeux gris. il pourrait faire peur, de ses menaces de morts vécues, passées, volées. - vu que tu sais tout de moi coré, tu vas me raconter mon histoire de vie gâchée, de vie pourrie par les mythes d’illusion et de sang.
cette vie qu'ils n'étaient pas et pour laquelle il n'a rien perdu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 377
IDENTITY : red strings (manon)
FACE & CREDITS : ashley moore, @bonnie (avatar)
MULTINICKS : moreau et marla.

AGE : vingt-cinq années volubiles, qui n'appartiennent à personne, et pas même à elle.
BLOOD STATUS : c'est un liquide convoité qui circule dans ses veines, un sang bleu qui dorénavant s'apparente à un élixir de vie, puisqu'il ne peut plus en être autrement.
CIVIL STATUS : les bagues prestigieuses qui enchaînent les annulaires aux cœurs des amants sans amours.
JOB : elle nettoie la merde des incapables, elle passe pour ôter des fragments de vie, des fragments d'instant aux esprits des faiblards de moldus.
HOGWARTS HOUSE : serpentard.
MAGIC WAND : taillée dans du bois de mélèze, elle mesure trente virgule cinq centimètres et possède en son coeur une plume d’hippogriffe. elle est prédisposée aux sortilèges offensifs
PATRONUS CHARM : patronus incorporel.
MARAUDER'S MAP : londres, ministère de la magie.
POINTS RP : 491

MessageSujet: Re: yesterday's gone Mar 4 Avr - 20:55


take my love, it is not true,
so let it tempt no body new;
take my lady, she will sigh
for my bed where'er i lie;
take them, said the skeleton,
but leave my bones alone.


les fissures s'élargissent à mesure qu'il s'approche. elles se déploient en mille trous béants qui s'offriraient à lui si tant est qu'il veuille les apercevoir, qu'il veuille parvenir à ignorer les barricades dont coré répare les cris de son corps. ça hurle un peu au coin de ses larmes et ça rebondit contre ces mensonges qu'elle aligne impunément dans la délectation d'une souffrance qu'elle entraperçoit tout de même. au détour des nuits passées dans la salle commune et du dernier soir où il a embrassé son front. c'est ici la douleur. restée ici pour que plus jamais elle ne la bouffe.
et pourtant, ça revient par vague à la lumière tamisée de l'appartement. quand ça donne la même lumière sur ce visage que ce soir là. un peu de flammes contre la mâchoire et d'autres dans ses cheveux. les dernières qui calcinent le palpitant. elle en devient presque reine dans son aigreur,
la princesse. dans cette façon qu'elle a de cracher à la gueule des véritables moments qu'elle a passé à ses côtés, dégueuler l'immondice de son absence et l'horreur de l'ignorance. ça sort entre ses lèvres comme ça claque auprès de ses dents, venin acide dont elle se délecte face à ces expressions immuables. l'échiquier de leurs jeux se brisent. et pourtant, sid aussi joue. elle le devine dans cette manière qu'elle a de soudainement atteindre des yeux qui se redressent dans l'étalage des histoires qu'elle leur conte. d'autres vies qu'elle aurait sûrement aimé abandonner définitivement pour les doigts sertis d'émeraude. mais on ne les voit même plus à la lumière de ces mensonges proférés ; elles s'évanouissent quelques secondes quand elle crache ses mots et croise les bras en dessous de sa poitrine - pour se donner de l'assurance, sûrement.
elle conte des histoires adolescentes qui ont bouffé les seules parties d'elle qui lui semblaient viables en s'oubliant. les seules onces d'un coeur dont on devine à peine le noir charbonneux au travers de ses mots et de l'averse salée qui s'est étalée sur son visage quelques secondes durant. parjure des murailles qu'elle se dresse à mesure que l'autre s'approche dans les ombres de ses contes. des histoires qu'elle s'est répétée parfois suffisamment longtemps pour que l'encre des mensonges s'impriment contre ses vérités. qu'elle hurlait dans des nuits sans dormir pendant que lui se mourait ailleurs. qu'elle murmurait à sa mère dans l'intimité de fiançailles opérées à la baguette.
il n'y a pas eu d'amour.
et elle se le répète encore également pour elle. bâillonner des douleurs immenses et balayer l'escalade de l'indifférence mimée. hypocrisie évidente qu'elle étale de ses intonations faussement bienveillantes. elle veut fermer la gueule de ces quelques brèches qui s'entrouvrent au travers de ses lèvres. faire fermer sa gueule à l'insolence du greyback, aussi. de revenir ainsi comme âme qui vive au creux de souvenirs dont il ne faisait pas partie. de ces nuits où personne n'est là pour regarder si ce n'est l'âme éveillée. où elle l'observait crever entre ses bras par sa faute. le coeur au bord des lèvres et les lèvres tremblantes de mort.
il est le premier qu'elle pensait avoir tué.
et son corps qui revient d'entre les morts c'est comme les mauvais rêves qu'elle hurle en pleine nuit.
ça glace le sang et ça éviscère le cœur.
les princesses n'ont pas de temps pour les douleurs. alors elle les bande de son tissu de mensonge, recouvre les plaies béantes avec minutie et sans presque prêter attention à cette haine qui anime son corps immobile.
jusqu'à ce que lui s'approche.
les failles s'ouvrent encore un peu.
son regard gris pèse dans la balance des maux. ça écrase de longues secondes les consciences et l'orgeuil, parce que le bronze s'explose du côté gauche. je ne te hais pas, et c'est l'échec de son entreprise finement menée. elle le toise de longs instants silencieuse, poupée vacillante bâillonnée par la surprise. elle se tait là où lui commence. l'échiquier se brise chaque instant davantage sous ses pas. il détruit les cases de noir et de blanc en les empruntant toutes sans distinction. lui s'échappe de ses mots quand elle y reste bloquée. il le lui remarque. elle feint un sourire qu'elle ne parvient même pas à déformer de son orgueil, répondant avec bien moins d'assurance. j'attends que tu aies fini la tirade mélodramatique que tu vas m'offrir. histoire de voir si tu vas me surprendre au moins un peu. crache-t-elle sans détacher ses yeux des siens. mais c'est lui qui crache le plus son venin maintenant. elle l'écoute sans ciller, trop immobile pour être insensible, la princesse - puisque même ses gestes d'assurance se sont effacés entre ses mots. pas d'amour, et son visage qui bouge juste un instant pour hocher la tête de droite à gauche et déformer son expression en un sourire douloureux dépeint sur ses lèvres. les bras toujours croisés. elle déglutit un instant et redresse le visage vers l'assaillant, mâchoire serrée, coeur et regard fermés. parce qu'il détruit les pièces de son jeu à elle en l'entraînant dans le sien. ça se brise encore sous ses pas et sous ses mots, et les poussières du plateau ne forment plus qu'un amas gris où son horreur ne se dessine plus contre les lumineux souvenirs véritables.
et elle le laisse parler dans le silence. achever sa tirade dramatique qui obstrue un peu la trachée et fait gronder au sein de l'abdomen mille tempêtes dans lesquelles l'orage se fait silencieux. nourries par les orages gris de ses yeux qu'elle ne quitte plus dans le silence.
il verrouille la porte et s'approche.
le corps de coré s'explose doucement contre le mur à mesure qu'il s'approche, sans qu'elle ne bouge. et son souffle qui s'échoue sur ses paupières. ses doigts se resserrent autour de ses bras maigres. elle ne bouge pas, la princesse. prise au piège de vérités qu'elle ne veut pas entendre - parce que ce serait alors les comprendre.
comprendre l'absence et le silence. comprendre les nuits-jours qu'elle a fini par arrêter de compter, comprendre la douleur et un peu de manque.
elle rouvre les yeux et fait face au monstre éveillé qui se dresse au dessus de son visage froid. seule se dessine ou presque l'ombre d'une silhouette qui la domine plus encore qu'avant. elle ne bouge pas et ses épaules s'appuient encore un peu contre le mur. il a les lèvres au niveau de son front et les lumières qui se jouent de sa mâchoire et de ses cheveux.
ses prunelles rattrapent celles du greyback. elle le laisse parler encore dans la mesure de sa colère qu'elle devine, presque imperceptible.
il retire son pull et au dessous de ses morts se dressent mille chemins de veines qui menacent d'exploser. elle les parcourt un instant du regard.
dessiner les histoires, qu'il lui demande. la statue de douleur n'a toujours pas bougé. parce que le coeur s'explose contre la cage thoracique et que c'est difficilement supportable à quelques centimètres de celui de sid. elle a le menton haussé pour le regard gris nuageux, et elle attrape son poignet, décroisant finalement ses bras pour observer les fresques de douleur qui se dépeignent sur son corps. ses doigts entourent à peine la moitié de son avant bras.  tu veux que je te raconte tes histoires, sid ? et ça se brise. ça se fissure dans sa voix alors que les doigts de sa main libre parcourent mille constellations voulues ou non qui s'échouent à même la peau. le soleil qui entre un peu dans le corps frêle de zabini tandis qu'elle devine mille douleurs tues dont elle se doutait mais jamais n'avaient été tangibles. c'est effleurer du bout des doigts dix années de coups incessants. dessiner sur les peaux mille morts.
elle pourrait faire la même chose sur elle.
dessiner sur les peaux mille tués.
et le premier était lui.
je m'en fous de tes histoires figure-toi.
elle redresse le regard, ne lâche pas son poignet. je n'ai pas envie de comprendre, et je préfère encore te cracher à la gueule les douleurs que tu ne soupçonnerais pas chez moi que de prendre le temps de savoir ce qui t'est réellement arrivé. j'ai cru que je t'avais tué. je préfère m'en tenir à cette version. il est plus tolérable de t'imaginer mort sur-le-champ et jamais revenu. ça m'évite d'avoir à te pardonner. elle lâche son bras et le regarde de longues secondes parce que les masques viennent de s'effondrer et qu'elle est restée debout. zabini partie et coré debout ou presque vacillante qui s'appuie contre le mur. le silence est lourd sur ses épaules. elle dénoue ses cheveux dans un geste nerveux et enfile sa cape en silence avant de se défaire de la monstrueuse prison de la silhouette de sid. elle va récupérer le flacon de venin au fond de la pièce, toujours sans un mot mais les silences qui crient. prostrée dans l'orgueil fissuré une unique fois. la seule. la lumière se reflète sur son alliance lorsqu'elle rattrape le flacon et le met dans sa poche. à l'autre bout de la pièce, elle se retourne et observe le monstre de lumière qui a éventré les failles d'un coup d'agacement. c'est bien trop facile pour lui. ça l'a toujours été et elle le hait aussi pour ça. pour cette façon de détruire les édifices qu'elle met tant d'années à construire. l'édifice des horreurs familiales. monument aux morts dressé juste pour elle. et dans les reflets lumineux qu'il lui offre elle ne voit que les corps entassés de ceux qu'elle laisse derrière elle en feignant l'indifférence. si le pouvoir est là, elle n'en a que faire. lorsqu'il lui est arraché, elle tressaille. tu viens de gagner greyback. félicitations. elle marque une longue pause, le souffle un peu court et les bras un peu tremblants - imperceptiblement, parce que les trônes n'accueillent pas les faibles. et elle sait bien qu'une fois rentrée il lui faudra gravir de nouveau les marches jusqu'à la place désirée. maintenant que le jeu est terminé, dix ans après, tu peux me laisser partir ? et détruire les espoirs et les corps qui se dresseraient contre le chemin et l'ascension, contre la course à l'ambition, contre les émeraudes et les faux-amours, contre le reflet délicieux de princesses de verre qui se brisent de temps à autres dans les tempêtes.
elle sort sa baguette et murmure un alohomora. encore un instant, et les délicieuses couronnes retrouveront le sommet de son crâne. peu importe le prix qu'elles puissent coûter.  
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 606
IDENTITY : silvia
FACE & CREDITS : lucho jacob (c) balaclava
MULTINICKS : adrian pucey, lev saddler, feu saul giack

AGE : vingt-huit
BLOOD STATUS : wolf
HOGWARTS HOUSE : slytherin
SPECIAL CAPACITY : lycan
MARAUDER'S MAP : sur son rafiot
POINTS RP : 1562

MessageSujet: Re: yesterday's gone Sam 15 Avr - 13:44

il a ce coeur de loup qui bat, ce coeur qui écrase des espoirs de paix, sans concession. elle a jeté l’allumette, sans penser aux conséquences. sans penser que le temps avait pu éteindre beaucoup de maux. sans penser que peut-être, enfin, ses silences n’étaient plus synonyme de douleur. sans penser aux années, qu’elle avait pu vivre et lui non. sans penser que le mépris de celle qu’on a aimé peut blesser plus qu’un flacon de poison. et sidney se sent fatigué. fatigué de toujours devoir se battre et défendre un semblant d’humanité face à son instinct animal. il se dit parfois que céder l’assouvirait de beaucoup de combats. le soutirerait à une culpabilité pesante et à des peurs étouffées. c’est tellement plus simple, d’être mauvais. la conscience tranquille dans des actions de sang. être pleinement greyback, dans sa plus belle monstruosité. il a cette peau tendue et cette mâchoire qui grince. il a les yeux gris d’une patience usée, piétinée, détruite. et elle s’en fiche, rit toujours trop d’une histoire qu’elle ne connaît pas. alors sid s’approche. parce que les secondes de rédemption sont passées. parce que son souffle est saccadé et l’odeur de sa chair l’excite. son corps vient bloquer le sien, minuscule, contre le mur noirci de leurs ombres. et il y a quelque chose de presque physique, dans ce moment. à les voir on pourrait penser aux dix ans passés, à leur fusion adolescente, à leurs sourires cachés. il y a quelque chose de presque beau, dans cette scène. une puissance qui domine la faible lumière du refuge. ça éclaire leurs visages et ça les rend tableaux, protagonistes de la sombre imagination d’un artiste en mal de passion. mais à approcher la caméra on voit la peur, dans son regard à elle. et on voit les veines qui palpitent, sur ses bras à lui. et on ne voit aucun amour, qui glisse de leurs lèvres rougies de défi. que la mort. omniprésente dans leurs voix. personne n’a assez de recul pour se dire que c’est triste, vraiment triste, deux jeunes âmes aux songes épris de mort. aux mots, épris de mort. aux souvenirs, épris de mort. mais avant tout, et c’est ce qui blesse le plus sid, aux espoirs épris de mort. c’est bien ce qu’elle dit, coré, c’est bien ce qu’il comprend. il aurait du mourir. son corps se détache un peu du sien. et il respire, saisi de la vérité qu’elle lui cache depuis son arrivée dans l’appartement. les mots sont clairs, lâchés à sa gueule comme un poing dans le ventre. elle lâche son bras. les câbles se lient. - pardonner de quoi? son corps tressaille quand elle s’enfuit. l’histoire se termine donc ainsi. ils se sont aimés, ont été séparés, et maintenant l’un d’eux doit s’effacer pour que l’autre vive en paix. ça lui tord le ventre de la voir mettre sa cape. et il veut hurler, sid, hurler à toutes ces années. hurler à cette lettre brûlée. hurler aux coups. hurler à la solitude. hurler à l’épuisement et aux poings brûlants. hurler à leurs jeux tombés dans l’oubli. hurler à sa faute, dépassée. hurler à cette bague et à cet au-revoir. hurler à l’absence.
cette absence trop forte qui lui a brisé le coeur. absence forcée, imposée, pas acceptée. longtemps, trop longtemps, écorchée dans la douleur de nuits sans sommeil. évanouie dans les cris de journées sans soleil. - d’avoir disparu? de m’être fait kidnapper? d’avoir vécu dans une cage pendant deux ans? il souffle à demi-voix. et elle se casse pas, cette voix (c’est ce qu’il espère), parce que le loup a appris à dompter ses souvenirs. - pardonner d’être revenu? pardonner d’être vivant? pardonner de quoi coré? il s’approche, encore, pas trop cette fois-ci - t’es pas soulagée que je sois vivant? tu peux rentrer chez toi avec ça de moins sur la conscience mais c’est son vrai visage, celui des beaux jours vécus il y a plus de dix ans, qui se dessine. celui que même alors, amant, il n’avait pas souvent le droit de voir. et sid redevient sid. il abandonne ces mots qui n’attendent aucune réponse. il se tourne un instant et s’éloigne, pense à lui dire de partir, fait quelques pas, revient. sid redevient sid, avec ses yeux de glace, ses cheveux noirs désordonnés par une main nerveuse, et ses tatouages et cicatrices qui dessinent mille vies malheureusement vécues. sid redevient sid, plus homme et moins animal. il en oublie la lune qui demain lui tendra le corps. il ravale la haine, celle qu’on ressent quand on a aimé passionnément.
et sid se retourne - le jeu s’est terminé il y a dix ans pour ma part, ça brûle ses lèvres - et on a tous les deux perdu.
silence.
loup solitaire et blessé qui retrouve sa plus belle proie. - quelles douleurs? celles qui t’obligent à acheter du poison à un vieux loup sur le marché noir? sa gorge s’assèche dans une once de rancune. - tu me dois des heures il finit, des heures de vie, des heures d’excuses pour avoir brûlé la lettre. des heures pour enfin tourner la page sur une histoire vieille comme le monde.
l’histoire de coré et sid, qui se sont aimés gamins, haïs, oubliés, mais jamais pardonnés.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 377
IDENTITY : red strings (manon)
FACE & CREDITS : ashley moore, @bonnie (avatar)
MULTINICKS : moreau et marla.

AGE : vingt-cinq années volubiles, qui n'appartiennent à personne, et pas même à elle.
BLOOD STATUS : c'est un liquide convoité qui circule dans ses veines, un sang bleu qui dorénavant s'apparente à un élixir de vie, puisqu'il ne peut plus en être autrement.
CIVIL STATUS : les bagues prestigieuses qui enchaînent les annulaires aux cœurs des amants sans amours.
JOB : elle nettoie la merde des incapables, elle passe pour ôter des fragments de vie, des fragments d'instant aux esprits des faiblards de moldus.
HOGWARTS HOUSE : serpentard.
MAGIC WAND : taillée dans du bois de mélèze, elle mesure trente virgule cinq centimètres et possède en son coeur une plume d’hippogriffe. elle est prédisposée aux sortilèges offensifs
PATRONUS CHARM : patronus incorporel.
MARAUDER'S MAP : londres, ministère de la magie.
POINTS RP : 491

MessageSujet: Re: yesterday's gone Sam 15 Avr - 14:47


take my love, it is not true,
so let it tempt no body new;
take my lady, she will sigh
for my bed where'er i lie;
take them, said the skeleton,
but leave my bones alone.


ses mots retentissent au creux de son corps comme les échos de douleurs qu’elle cherche à taire vainement. il réside ici, le jeu. en ces mille personnes qu’elle pourrait être et ces mille amours qu’elle aurait pu lui donner. c’est ici, la faille. c’est sid, la faiblesse; et elle observe l’entité de ses craintes se dresser au travers des lumières faiblardes, déchanter face à ses mots à l’autre bout de la pièce, s’effondrer derrière ce masque de violence qu’il revêt de temps en temps. et les tragédies de leurs amours qu’ils épanchent dorénavant en un langage de faux semblants. même au derrière de ses mots, elle se cache. dans les ombres des calligraphies qu’elle dessine à l’encre des plumes grâciles de son héritage. il ne comprend pas, sid. il n’entend que ses mots au lieu de lire sur ses lèvres les mille douleurs qui la font trembler dans l’inavoué. les poupées taillées dans le marbre se changeant en horreurs d’émotions. elle se répugnerait presque de faiblesse, l’enfant prodige. dans cette facilité qu’il a d’ôter le masque au terme de quelques mots. elle le dévisage, droite et debout, le port de tête haut - parce que lui ne s’en va jamais - et elle observe l’allégorie de sa déchéance. l’entité des morts. elle lit sur le visage de sid tous les traits de ceux qu’elle a arraché au monde. et ça brûle un peu, au creu du coeur. ça calcine le palpitant entre l’amour et la douleur. et crèvent leurs souvenirs. et tournent les aiguilles de leurs dix ans.
elle croit observer à la lueur de quelques flammes les années passées et les douleurs prétenduement tues. sur le visage de sid, le temps. entre ses lèvres, l’absence. contre son coeur, la mort. les ombres le dévorent comme les mille visages qu’elle lui devine. protagoniste tragique aux yeux voilés de péchés. elle a la cupabilité grandissante et les douleurs élargies. entre ses mots, le gouffre. et sid qui semble l’y attendre en bas bras ouverts. entre leurs corps immobiles se dressent autant d’années que de peines qu’elle ne lit pas. et un pas, la princesse s’effondre. au creux de ses bras et de son coeur. à hurler la nuit pour un amour mort revenu des cimetières.
coré lui explique, il ne comprend pas. les mille visages et les mille lieux dans lesquels elle l’a tué encore et encore. au détour des arrêtes de mâchoire s’explosant contre le sol à ses derniers mots. elle se souvient de l’audace et du goût apre de l’inquiétude qui s’en suivit. des nuits passées à sortir des dortoirs regarder au travers des fenêtres. des derniers mots. un peu plus d’audace.
elle observe son visage dans le silence des hésitantes, toujours prête à courir jusqu’au trône de ses ambitions. les doigts resserrés enfoncés dans ses poches. son visage qui se brise sous ses mots après qu’elle se soit échappé de son étreinte. de ses bras encadrant ses menues épaules de longues minutes. juste avant qu’elle étale sur le tableau de leurs faux-semblants le rouge de ses douleurs. dépeindre de rouge et de bleu tantôt la haine tantôt la peine. à mi-chemin entre le sang qu’elle a fait couler et les larmes qui l’ont habillée de longues nuits.
sa voix brise enfin les silences qui se dressaient en parois de verre entre eux en un fracas épouvantable. il lui parle de pardon dans une incompréhension palpable du bout des doigts, elle plante ses yeux charbonneux dans le gris de ses prunelles. effleurer du bout de la pulpe de ses doigts l’indifférence qu’il croit déceler, et un sourire triste qui naît de sa naïveté. la princesse revêt son mépris de l’âme blessée, le dévisage de longs instants sans même lui répondre, statue de marbre rose aux fissures éclairées aux flammes. il lui crache ses mots en miroir de ses douleurs et elle ne prend pas même la peine d’y répondre, observant les braises de ses souffrances viscérales s’exposer à même ses peaux. elle aurait pu les deviner et les dessiner, ses histoires. on les lui a suffisamment contées dans les intimités des mondanités. alors dans son discours de martyre elle parcourt de son regard froid les bras taillés dans les minutes isolées, coulés dans les histoires qu’il a su raconter, gravés entre les aiguilles de dix années échouées. ses mots à lui dépeignent le tableau bien tristes de ses dix dernières années et la princesses peintre d’un soir redresse finalement le regard lorsqu’il lui parle de conscience. ça brûle au coeur. peut-être un jour n’en restera-t-il plus rien. ses lèvres s’agitent mais aucun son n’en sort. elle s’est reculée encore quand lui s’est approché. lui laisser de loin entre apercevoir les plaies béantes du monstre de zabini qu’elle a érigé. de suffisamment loin pour qu’il ne puisse s’en servir. suffisamment près pour qu’il les comprenne un peu. et le sang irrigue et boue sous le monde que sid lui dépeint comme si c’était elle qui avait construit de toute pièce son histoire, puzzle dessinés du bout des doigts amoureux des instants de répit. elle aurait pu le détruire pour l’aimer. réduire à néant et définitivement toute once d’émotion.
et c’est comme ça qu’il est parti.
les lèvres de la princesse bouge quelques instants avant que les sons n’en sortent. ses mots se brisent entre colère et douleur. il ne voit que lui-même dans le reflet de leur histoire. lui-même, et cette juliette qui le mena à sa perte. alors un voile léger qui se glisse au dessus de ses prunelles, encore. elle vomit à ses pieds le dégoût de sa partialité. va te faire foutre sid, j’ai plus envie de m’expliquer. je ne suis pas celle qui a mis le timbré sur ton chemin, je ne suis pas celle qui t’a forcé à tuer, je ne suis pas celle qui t’a enfermé dans une boîte, je ne suis pas celle qui manqua de te tuer. elle marque une pause, s’approchant de lui pour attraper dans un mouvement de violence ses bras et en parsemer quelques larmes, tenant fermement ses poignets entre ses doigts. et le masque qui se brise au dessus de ses mains paumes ouvertes. elle y laisse son coeur qu’il pourrait éventrer. ma conscience n’a pas besoin du bel altruisme dont tu fais preuve en étant envie. j’aurais préféré que tu crèves, oui. pour donner une raison aux autres morts et m’être réellement prouvé que j’en étais capable. ça dépasse sa pensée et ses prunelles se redressent pour se perdre dans les tempêtes des yeux de sid tandis que l’orage gronde contre son coeur. ses doigts sont blanchis de tension et se dresse dans ses prunelles noires la haine et l’horreur de ses terreurs. ça tiraille au plus profond de l’âme dans une colère telle qu’elle ne se rend même pas compte, la poupée de cire, qu’elle expose à même ses mains les peurs réprimés sous le regard-juge des anciens amours. il est l’origine de sa colère et de sa cruauté. la preuve de son indifférence et de sa dignité. capable de tuer l’amour alors même qu’il n’existe pas encore. capable de tuer l’inconnu en détournant le regard.
alors le souffle court coré fait trois pas après s’être détournée de sid et tire ses cheveux en arrière, flot de larmes incessant brisant son visage peint aux couteaux. ça essoufle les organes, la vérité brodée au fil des mots. ça brûle au creux du ventre et elle peine à se calmer dans la violence des retours de flamme. pourtant elle reste loin de lui, sans parvenir à se calmer. elle entend ses mots au loin qui retentissent parmi le vacarme des visages qui se dressent dans sa boîte crânienne en ombres hantant l’indifférence, foetus de remords. les yeux clos et tournant en rond, la prédatrice qui se fait bête curieuse et terrassée de douleur. et ça retentit, ses lèvres qui forment des sons, donnent du sens. les larmes ne s’arrêtent pas et son manège frénétique non plus. il est de ces terreurs nocturnes dont les cris retentissent entre ses pas et la façon mécanique qu’elle a de respirer. la pièce se fait silencieuse alors même que mille hurlements résonnent. les murs semblent se resserrer autour d’elle alors même qu’elle vient d’ouvrir la porte.
ça s’effondre, l’indifférence. les lèvres de la princesse sont tremblotantes et ses bras aussi. elle est restée de longs instants prostrées entre les souvenirs d’autres que sid. elle entend la dette. alors elle finit par se retourner, enfant aux monstres avides, détruisant les quelques mètres les séparant pour venir abattre un poing faible et tremblant contre le torse d’un sid qui ne bouge même pas lorsque les phalanges atteignent sa peau. le visage de coré tordu en tant de ces silences qui se sont échoués dix années durant. le silence de l’amour et des morts. adieu couronnes et bijoux. depuis de trop longues minutes déjà les diamants qui se fanent. elle laisse son poing à l’endroit de l’impact sans bouger quelques secondes, reprenant d’une voix chevrotante. je ne te dois rien qu’un tas de cadavres. et son corps frêle qui s’échoue contre celui du greyback, petite poitrine et visage au creux de son torse, tandis qu’encore essoufflée de ses peurs elle finit par glisser. et tu sais bien que le jeu se termine le jour où nous n’aurons plus de questions à poser. les yeux clos sans rien dire. brisées de toute part, les ambitions. effondré sous un peu d’humanité, les trônes. et la poupée qui reste simplement là honteuse de son monstre d’hystérie. les couronnes ne tiennent pas au dessus des têtes encore éprises de culpabilité. elles glissent du côté gauche quand le coeur se fait trop lourd de douleur et d’amour.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 606
IDENTITY : silvia
FACE & CREDITS : lucho jacob (c) balaclava
MULTINICKS : adrian pucey, lev saddler, feu saul giack

AGE : vingt-huit
BLOOD STATUS : wolf
HOGWARTS HOUSE : slytherin
SPECIAL CAPACITY : lycan
MARAUDER'S MAP : sur son rafiot
POINTS RP : 1562

MessageSujet: Re: yesterday's gone Ven 21 Avr - 20:10

un peu d’audace. audace de vivre et d’être aimé. peut-être aurait-on du leur offrir plus d’amour à ces deux gamins, peut-être qu’ils n’auraient pas eu besoin de perdre leurs heures dans des combats. se provoquer pour éveiller l’estime de l’autre. course de rivalité et d’attention. ils étaient beaux, coré et sid. son orgueil et sa froideur. son ambition et ses silences. ses yeux de chat et ses yeux de lune. il attrape la phrase au vol, comme elle attrape ses bras à lui. silencieuse bête frappée dans sa bêtise. et il lutte, lutte pour que les épaules ne s’affaissent pas sous le poids de la culpabilité. lutte contre une fatigue mêlée de soupirs qui lui laisse un goût amer au coin des lèvres.
c’est peut-être l’appel de la lune qui demain le rendra bête. c’est peut-être le mépris d’une richesse à laquelle il n’a pas touché depuis des années. c’est peut-être la douceur du visage qui se défigure sous la tension des reproches. elle a raison coré, et sid le sait. elle n’y peut rien. dix ans qu’il se convainc, répète, accepte. certain que ses malheurs ne sont que le fruit d’un pas de chance. violent, le pas de chance. salaud. mais incontrôlable. comme on ne contrôle pas les astres et la pleine lune. comme il ne contrôle pas les os qui s’allongent et la peau qui s’arrache. maîtrise inconstante d’un destin plus vaste que leur petit périmètre d’appartement. retour onze ans en arrière. flash d’une nuit de janvier, les yeux rivés sur les lignes d’un livre reçu à noël. un livre offert par roth. sans doute volé sous une banquette de pub moldu pour son p’tit con de cousin. flammes au coin des yeux, qui réchauffaient des doigts trop froids. sourires d’un silence qui ne sera (bientôt) plus. il la sent s’approcher, félin entre ses lignes. et sid se sent beau, à être l’objet de son attention. fier d’être (un peu) sien. il a la nonchalance qui dérange et rend dingue la terrible zabini.

et au fond, elle sait bien qu’elle le rend fou.
comme aujourd’hui, onze ans plus tard. onze ans d’oublis et de certitudes. onze ans de construction.
fragilisées. ivres sur les rebords d’une falaise. les pierres s’effritent et la muraille tombe. coré s’éloigne, noyée dans sa colère. et merlin qu’ont-ils fait pour se détruire aussi fort? ils se sont trop aimés? trop vite? trop mal?
elle revient, la colère. s’écrase sur les falaises fragiles, qui ne bougent pas. elle tape, une, deux, trois fois. ça fait pas grand chose, les vagues. ça chatouille, impuissant et ridicule. mais elle comprend pas, coré, qu’avec le temps les attaques creusent. forgent et dessinent des souvenirs incessants de cent siècles passés. - pars pas.

claque du silence.
ses bras à lui s’allongent sur son corps à elle et un instant il abdique. las de se battre et las des tempêtes. sans vraiment savoir. quel amour il y a encore, au-delà de leur douleur.
ils sont moches, aujourd’hui. tristes fantômes de leur dignité passée.
et elles sont effrayantes, leurs deux âmes noires d'assassins. lui poussé par elle. elle poussée par lui.
morale de l'histoire, les coeurs frappent trop fort pour être ignorés.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: yesterday's gone

Revenir en haut Aller en bas

yesterday's gone

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Sujets similaires

-
» garage dans le 78 et 95
» box 986 2.5 au prix d une fiat 500 d occaz !!!!
» yesterday's gone

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
VIPERA EVANESCA :: all time-turner and owl box :: flashback-