AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez| .

(felika) paint it black.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
SPELLS : 142
IDENTITY : solaris. (cam)
FACE & CREDITS : bogdan romanovic. (clunnis - sandy)
MULTINICKS : the brightest witch of her age. (mione)

AGE : vingt ans ; si jeune, si froid.
BLOOD STATUS : pureté bleutée, virant au blanc, comme les grandes neiges s'abattant sur sa Russie interne.
CIVIL STATUS : détestable et pourtant aimé.
JOB : d'apparence soumis à la volonté de son père, possible héritier du célèbre casino mais surtout complotiste hanté par l'idéal du seigneur des ténèbres.
HOGWARTS HOUSE : pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
MAGIC WAND : bois de pommier, ventricule de coeur de dragon, vingt-deux centimètres.
PATRONUS CHARM : maître corbeau sur son arbre perché.
MARAUDER'S MAP : le manoir strugatsky.
POINTS RP : 279

MessageSujet: (felika) paint it black. Dim 18 Juin - 22:23



(TOMA & FELIKS)
PAINT IT BLACK.

Les ténèbres encombrent sa chambre vide. C’est pourtant la même depuis vingt ans. Elle est froide, située au Nord et sensible à la pluie. Sur ses vitres s’écoulent les vagues des âges. Elles sont comme des cadavres s’empilant le long des murs, quelque chose qui pourrit et qui empeste le renfermé. Elles sont la démonstration de sa tristesse interne, froides et livides, ce sont des flots pourtant passionnels, ils se changent en rouge lorsque le vent souffle. Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. Jadis vivait dans le manoir Strugatsky un être dont le rire aurait fait tremblé les murs. Pas de quoi faire écrouler un roc pourtant, l’enfant était faible, malade il faut le dire, mais il avait le sourire d’un démon se prenant pour un ange. Un jour, dans un élan d’imagination, cherchant sans doute toujours à échapper à la grisaille quotidienne, il avait repeint les murs de la chambre en bleu ciel. Sans véritable prétention artistique, les couches maladroitement superposées donnaient à la teinte un dégradé mal exécuté, bavant dans quelques coins et le maniement tremblant du pinceau avait crée quelques formes aléatoires au sein du tableau. L’enfant, pourtant, n’avait jamais vu pareil chef d’oeuvre et lorsque son père rentra le soir même, il se pressa de lui présenter le résultat de son après-midi de travail. Le gosse ne toucha plus jamais un pinceau.



Il n’a de toute façon jamais eu grande imagination. C’est un souvenir embelli par le temps, un récit pour orphelins, un tragique tire-larmes. Il n’y a jamais eu de chambre bleue ni de garçon rieur, ce n’est qu’un rêve qu’il a enterré avec le temps, une silhouette qu’on a essayé de lui dessiner, une tendresse incompatible. Sa mère a toujours regretté la froideur de son petit garçon, la distance qu’il prend avec la famille depuis toujours. D’ailleurs c’est lui qui aurait dû partir, c’est lui le plus autonome, le plus fier, le plus doué. Il est depuis toujours le plus ambitieux, capable de dévorer le monde, personne n’en a jamais douté. Il est à l’image de son père, plus sombre peut-être. La noirceur, il l’a dans le sang. Il a toujours détesté tout le monde. Non, il n’avait jamais eu de grands sentiments, il n’a jamais rien ressenti., il n'y a jamais eu de chambre bleue.


Ses yeux noirs fixent le sol depuis un quart d’heure déjà, ils rougissent sous le redressement de ses paupières qui tiennent bon, ne clignent plus. Il grince sous l’effort tandis que ses dents se serrent. Son visage osseux se crispe au rythme d’un battement de coeur et il fixe toujours cette terrible planche de bois, sans grand intérêt, émoussée par le temps, sans plus grande splendeur. Le manoir n’a jamais vraiment été un chef d’oeuvre de l’art baroque, et même s’il l’avait été, pas sûr qu’Antonina l’aurait soigné comme un trophée. Les Strugatsky chérissent d’avantage leur odieux casino dont la laideur apparente, elle, constitue un véritable charme. Mais Feliks ne flanche pas et ses lèvres se retroussent, immobile, droit, changé en statue de pierre. Ses yeux, la planche, aucune importance. Ce sont des bribes de conversation qui lui parviennent, des murmures à travers les étages, mais surtout un pas qu’il reconnaîtrait entre mille, une façon d’avancer les pieds, de les mouvoir avec lenteur et prudence, sans haine mais avec une certaine réflexion. Tout à fait différente de celle du père dont l’impatience transparait jusque dans ses foulées.

Ce pas ci, Feliks ne l’a pas entendu depuis un bon moment, quelques mois peut-être. Il réapparait de temps en temps, lors d’une fête ou au début d’une saison, comme un oisillon retournant au bercail après avoir quitté le nid, il n’est rien de plus qu’un mensonge. L’oiseau pouvant voler n’a pas besoin du nid, le nid s’est depuis longtemps débarrassé de l’oiseau, et ses piaillements d’imposteur font à Feliks l’effet d’une cuillerée de moutarde. Il ne bouge toujours pas cependant, redressant un peu le menton alors que les pas approchent. Il est installé sur son lit, ses longues jambes à moitié étalées sur le sol, plus droit qu’un piquet en fixant la porte. Et lorsqu’elle s’ouvre, c’est un regard plus noir que la nuit qu’il offre à son tendre frère. « Je t’ai entendu arriver. » Il l’attendait et il entend tout. « Ferme la porte. » Il lance d’une voix glaciale à l’image de sa quasi cellule. Il ne tient pas à ce que leur mère les entende, elle a la manie d’écouter aux portes, elle l’a d’ailleurs transmise à ses fils. Ils ont tous beaucoup d’elle lorsque leurs visages ne sont pas dévorés par les défauts de leur père. 



Alors il attrape sa baguette et la fait tournoyer pour remplir la tasse que tient son frère entre ses mains d’une nouvelle quantité de thé. C’est toujours la même chose depuis vingt ans, c’est encore pire depuis qu’il est parti. À chaque visite, voilà la mère qui pleure et qui le serre dans ses bras en lui proposant un peu de thé à l’ortie, le voilà qui accepte poliment en jetant un oeil en coin à la maison. Mais elle n’a pas changé, lui non plus d’ailleurs. Et Feliks l’observe, sans un mot de plus d’abord, il observe ce qu’il a toujours tant jalousé, le visage de l’adroit, du vrai Strugatsky : adroit, tricheur, quasi charmeur, un joueur un vrai. Celui qu’il a toujours voulu être, jadis, qu’il n’a jamais vraiment été. « Je suppose que tout le monde est très content de te voir. C’est l’intérêt de tes rares visites, tu as le temps de manquer à maman. » Il repose lentement sa baguette. « Même après tant de temps, elle ne s’est pas vraiment habituée à ton absence. » Mais ça n’a pas vraiment d’importance maintenant. Le mal est fait depuis si longtemps et le temps dévore les regrets et les hommes. Presque ironiquement, voilà qu’il se penche un peu en arrière pour poser l’arrière de sa tête contre les murs de sa chambre, dont la couleur bleutée s’est délavée avec le temps.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
SPELLS : 138
IDENTITY : da queen.
FACE & CREDITS : jack by queen gougou.
MULTINICKS : l, b, k, s, d, v.

AGE : turning twenty-eight.
BLOOD STATUS : pure.
CIVIL STATUS : loneliness devotee.
JOB : scammer.
HOGWARTS HOUSE : hufflepuff.
MAGIC WAND : straight, short and practical.
PATRONUS CHARM : a hound.
SPECIAL CAPACITY : metamorphmagus.
MARAUDER'S MAP : on the road.
POINTS RP : 314

MessageSujet: Re: (felika) paint it black. Mar 4 Juil - 20:03

paint it black

Ses chaussures claquent sur les marches glacées qui mènent à la porte d'entrée de cette ancienne église. Des ruines, un tas de pierre. Tout a été reconstruit par magie. Les chrétiens ont laissé le temps et la guerre la ronger. Et ceux qu'ils pendaient à l'époque, ceux qui pactisaient avec leurs démons, ont renforcé les murs de l'ancienne demeure de leur Dieu. Ils y ont créé leur refuge, leur palais. Et il n'est pas un recoin de ce manoir qui ne soit pas peint de leur essence. Les tableaux sur les murs sont cadrés de dorures et d'ébène, les ancêtres vous suivent du regard comme pouvaient faire les saints autrefois, quand ils étaient encore là, faits de verre, sur les vitraux de l'antique cathédrale. Lorsque Toma était plus jeune, la lumière traversait encore ces fresques diaphanes, mais fragilisées par les années, il ne reste pas même un éclat de ces grandes fenêtres sur le monde. La famille Strugatsky s'est cachée aux yeux du ciel, s'est couverte d'obscurité et n'en est plus jamais sortie. C'est un choc, encore, à ses yeux pourtant habitués maintenant, lorsque cette grande porte s'ouvre sans qu'il ait eu à se servir du heurtoir en forme de tête d'ours et que les filets d'or qui servent de rayons au soleil se faufilent dans le hall comme pour la première fois depuis des siècles. Il perçoit la poussière flotter dans la lumière et plus loin, une dame, élégante, qui s'approche dans sa robe rouge, les cheveux noirs plaqués vers l'arrière. Les lèvres assorties à la tenue, les ongles assez longs et aiguisés pour vous trancher la gorge. Sur chacun d'eux, l'évolution d'une rose. Sur l'autre main, elle se fane petit à petit. Il a le temps de l'examiner car elle passe ses mains sur ses joues, relève son menton, lui essuie cette tache sur le front, balaie la neige de ses épaules, de ses cheveux. Avant enfin de le prendre dans ses bras. La reine tacite rompt l'étreinte et lui accorde un sourire qu'il chérit. Elle lui tourne alors le dos pour le conduire à la cuisine, sans mot dire, aucun. Ils n'ont que quelques jeux de regards pour réellement communiquer et c'est tout ce qui leur faut pour se dire qu'ils se manquent réellement. Pour se dire qu'ils s'aiment. Ils n'ont pas eu pour habitude de l'exprimer d'une autre manière. Ils n'ont jamais utilisé les mots pour se dire cela. Ça ne les empêchait pas de le ressentir et de savoir que l'autre le ressentait aussi. Peut-être est-ce à cause de tout ce temps qu'il a passé loin d'elle. L'instinct maternel est encore là, mais le cordon est définitivement coupé. La parole a suivi, mais les cœurs restent liés. Elle lui offre un thé, comme d'habitude. Quelques biscuits aussi, en le rappelant qu'il devrait faire attention à ce qu'il mange. Qu'en ces temps de guerre, les prix ont augmenté, mais peu souvent la qualité. Elle pense encore qu'il n'est pas assez responsable pour vivre seul, mais le garde bien souvent pour elle. Toma a pourtant bien compris son point de vue, qui n'est pas le sien entièrement. Elle est plus le porte-parole de son père qui le voit comme un raté. Il n'a pas fini ses études, il n'a fait que voyager une bonne partie de sa vie, ne ramène finalement que très peu d'argent à la famille. S'est totalement décroché de l'entreprise familiale et ça, c'est inadmissible. Il devrait être là, suivant ses pas. Mais il est ailleurs,
menant ses activités fantasques sous je ne sais quel visage, avec on ne sait trop qui.

Ils ne veulent pas le perdre une fois encore. Et il le sait très bien, il n'est pas dupe. Il sait qu'il n'a jamais été celui qu'ils voulaient qu'il soit. Mais ils ne pourront rien y faire. Il a pris son envol et l'albatros a les ailes trop grandes pour le monde dans lequel ils vivent. Leur discussion est lente et articulée et se termine par un soupir. Il lui dit qu'il monte voir ses frères. Et elle le laisse encore une fois fermer une porte entre eux. Il prend une grande inspiration avant d'ouvrir la porte d'une chambre, sa tasse de thé encore en main. Il joue avec le fond comme pour y chercher les mots. Il n'a jamais su quoi dire à Feliks. Il ne l'a jamais vu grandir. Il ne peut lui dire à quel point il est devenu un beau jeune homme, le plus beau des deux. Il ne peut pas lui dire qu'il le manque, qu'il aurait dû prendre plus de ses nouvelles, qu'il aurait dû être là pour lui. Qu'il aurait pu être le grand-frère dont il avait besoin. Il ne peut pas lui dire tout ça, parce que c'est trop tard, peut-être. Parce que c'est trop vrai, aussi, pour Toma, ce grand baratineur, cet arnaqueur. Il a l'éloquence du Diable, il pourrait parler des heures pour vous séduire, mais quand il s'agit de mettre des mots sur des émotions authentiques, qui fleurissent sur sa peau, dans tout son corps, il n'arrive à rien. Il l'observe et il prend sur lui. Les remarques sur sa terrible absence, à la recherche de Sidney, le frère qu'il a choisi. Quel acte égoïste, de laisser derrière lui Feliks pour chercher Sid. Au fond de lui, Toma espère que Fe comprenne. Qu'il sache qu'il l'aime comme il aime leur mère. En silence, à distance. Mais il les aime quand même. Il pose sa tasse sur une commode et ses pupilles tremblent en croisant celles de son frère.

Tu... tu vas bien ? Ta fiancée ? Il change de sujet. Il fuit, encore. Peut-être qu'il n'a toujours fait que ça, quand il pensait pourtant aller de l'avant et voler de ses propres ailes. Il fuyait.


alt er love Fear spreads, but fortunately, love does too.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

(felika) paint it black.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Donna, paint horse black tobiano
» Recherche étalon paint pour saillie
» Kawasaki Z1000 et Z750R : Paint it Black !
» Peinture (John Deere Blitz Black paint)
» Mes juments Paint !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
VIPERA EVANESCA :: around the world :: le reste du pays :: les résidences-