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sleeping panorama (lev)

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BLOOD STATUS : noir pétrole qui défonce les plumes des oiseaux.
CIVIL STATUS : le coeur libre et l'âme à l'autre.
JOB : caméléon pour la pègre ou la couronne brisée.
HOGWARTS HOUSE : les bronze et bleus pour leur curiosité et leur réflexion.
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MARAUDER'S MAP : allée des embrumes.
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MessageSujet: sleeping panorama (lev) Lun 19 Juin - 0:52

sleeping panorama
petite soeur de mes nuits


ça suinte l'alcool sur le bois du bar et sur les coudes des gens.
elle les observe, dans un coin de la couronne, sans rien dire et dans le silence des ombres qui se profilent à la lueur des minuscules lanternes accrochées au mur. les hommes parlent fort et explosent les choppes sur le comptoir, les femmes rient et se dévêtissent de leur vertu chaque fois que l'une d'elles passe l'encadrement de porte du couloir.
marla regarde de ses yeux d'enfants en amande qui s'échouent sur les visages tordus par l'alcool et déformés par la boisson. ils parlent de choses qu'elle ne connaît pas. hurlent des secrets à l'assemblée alcoolisée. sur les lèvres naissent l'intimité et entre les reins pressés se lient les murmures des âmes pourries jusqu'entre les jambes. statue parmi les dépossédés de leurs propres corps. ils sont les mains, oreilles, pieds et lèvres de ceux dont on prétend avoir encore l'âme intacte. parce qu'eux, ils n'en ont plus. ils embrassent la crasse et possèdent parfois le corps des femmes, faute d'avoir encore le leur. ils sont tous comme ça. cannibales d'un instant prêt à dévorer les chairs contre quelques gallions pour se donner l'illusion de vivre encore. elle n'y voit pas la vie, à la couronne. elle y voit l'horreur.
un sourire naît pourtant sur son visage froid quand l'un entame une chanson, à l'autre bout de la pièce, une femme sous chaque bras riant aux éclats. des mains pressent parfois ses jambes et ses épaules mais elle n'en a que faire, dévisage le quarantenaire du bout de la pièce lippes étirées, mains grasses qui frôlent les quatre seins à sa disposition tandis qu'un public de trois ou quatre personnes vient l'écouter chanter par curiosité.
et puis, on lui attrape le bras. des doigts forts et les mains remplies d'alcool - elle le devine, parce que ça colle contre sa peau. on la tire et on lui dit qu'elle a un client, que c'est pour elle, que c'est elle qui lui faut. ça ne fait rien. elle a l'habitude, maintenant, qu'on prenne son corps - c'est même elle qui décide un peu de le donner, souvent. quand l'âme est pourrie le corps bleuit. c'est ce qu'elle arrive à se dire parfois, quand sa tête frappe contre les barreaux ou qu'on la pousse au sol sur les genoux. elle en a rien à faire, marla. on prend son corps sans avoir son âme, car elle, même moisie, elle la garde.
on lui montre un autre homme à l'autre bout de la salle, dans un coin, avec quelques uns qu'elle reconnaît. elle attrape son sourire enjôleur, la gamine, celui qu'elle donnait parfois à ses parents après qu'elle ait fait une bêtise et qu'ils l'aient attrapée - ça marche toujours, les sourires d'enfant. c'est ça qui plaît aux hommes qui baisent des filles de dix-neuf ans.
elle s'assoit à ses côtés. il est un peu plus jeune que les autres ; elle croit le deviner à la fougue qu'il inspire dans le regard des hommes qui l'écoutent. il n'a toujours pas tourné le visage, ne s'est même pas rendu compte, sûrement qu'elle avait pris place à ses côtés. elle glisse ses lèvres jusqu'au creux de son oreille et murmure suffisamment fort d'un ton langoureux. « vous avez déjà les faveurs du patron. » elle glousse comme les autres l'ont fait avant elle, glisse ses doigts d'enfant sur le bras de l'inconnu, attrape ses peaux un instant avant que lui ne lui déchire le corps. il tourne son visage. ses doigts se resserrent dans un sursaut et ses paupières s'ouvrent soudainement.
et le cœur loupe un battement.
le chant du fond de la pièce n'est plus. elle se recule un peu dans un mouvement brusque, les lèvres entrouvertes. c'est toucher du bout des doigts un reflet inatteignable. elle reconnaît ses traits dans l'ombre et même ceux qu'ils partagent. marla pense un instant au caractère étrange de toucher un fantôme. et le coeur qui bat un peu plus, qui paraît un peu moins pourri,
qui pourrait même donner l'illusion d'être neuf. mais ça a pas sa place,
ici. l'étincelle et les larmes cachées derrière ses yeux non plus. alors tandis que son coeur reconnaît son frère, son corps appréhende un client, et elle sourit de nouveau, l'enfant, comme les enfants, comme la gamine a six ans.
elle feint un sourire de séduction quand tout ce qui s'y lit et celui plein d'espoirs. et pourtant, sa main qui se pose contre son torse, ses jambes qui se croisent, le vacarme de ses idées qui s'imaginent naïvement qu'il ne la reconnaîtra pas, qu'il n'y verra rien, qu'elle aussi, finira par fermer les yeux.
parce que si les coeurs pourrissent c'est parce que tous ferment les yeux.
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MessageSujet: Re: sleeping panorama (lev) Lun 10 Juil - 8:28

y'a pas de silence dans ce bar glauque. je décroche un nouveau verre qui frappe lourdement la table. la bière est mauvaise mais la chaleur est vive dans le coeur. ça compense l'absence de vera et jojo qui me manquent beaucoup depuis deux jours. décembre commence et j'ai le blues du soleil. la guerre se tasse dans une structure incohérente. la résistance s'épuise, les esprits sont touchés. on me parle de mort et de laisser aller. on me parle de mauvais, de pourris, de traîtres. j'ai réappris à utiliser ma baguette magique. c'est comme une tension, un rappel à l'ordre, je la garde toujours dans ma poche gauche, la main posée dessus. y'a pas de logique. pas d'action commune. pas de ferveur.
ici, les gens ont peur.
c'est bien loin des combats que j'ai mené. c'est bien loin des manif et des blocus. c'est loin de tout, cette guerre. c'est loin du monde que j'ai fréquenté depuis huit ans. je m'adapte mais je m'y fais pas. j'ai commencé par chercher mes anciens potes. la moitié sont morts. à vouloir défendre leurs idéaux les lions ont été mordus par le serpent. sale vipère au venin féroce, il a éteint le rugissement des plus braves. l'autre moitié attend, se tasse, espère. on parle de potter, mais qui est potter? je déteste attendre. j’avale une nouvelle gorgée. mes mots sont durs. on me teste. depuis deux trois semaines on me teste. j’essaye de capter des bribes de résistance, mais elle se cache bien cette salope. à la couronne on m’a dit que les esprits se laissaient aller sous le poids de l’envie. qui peut contrôler un homme en manque de sexe? coincer l’ennemi dans sa plus grande vulnérabilité. on m’a proposé d’y aller ;
j’y suis.
j’y suis, j’écoute, j’observe et je parle. je parle beaucoup, pour combler une certaine réticence envers l’endroit. j’ai bien pu regarder deux trois filles, mais la facilité de la mission me dégoûte. ici, on n’aime pas. il n’y a pas de passion et pas de désir. on me sert une nouvelle bière quand je termine tout juste ma phrase. j’ai les épaules hautes et la place centrale. autour de moi des habitués. des gars qui ont perdu un peu d’espoir dans ces mois de lutte. j’ai souvent appris que la fougue s’éveille chez les brisés. il faut juste savoir leur parler et, ma chance, c’est que je suis pas mauvais à ça. j’y fais pas trop attention, à celle qui s’assoit à côté de moi. pas tout de suite, pas avant d’avoir observé un à un les regards des autres. pas avant d’avoir saisi si oui, ma guerre est toujours la leur. mais sa voix glisse dans mon oreille et ça me fait vaguement sourire. le patron est un sale con, je l’ai compris assez vite.
au contact de sa peau, par contre, je ressens un petit truc. un mélange de tension et d’envie. un petit retournement de coeur, de compression, d’accélération. j’ai toujours aimé très fort, très vite, pour une nuit ou pour un jour. mais ça ne m’a jamais été imposé. je tourne la tête.
et tout s’arrête. au début, c’est la surprise. trop forte, trop rapide, trop ivre. je regarde ses yeux, ses pommettes, ses lèvres. je regarde le maquillage usé par la soirée, je regarde ses cheveux, sa nuque, ses mains. je regarde sans voir, qu’elle me regarde aussi. je regarde le lointain portrait reconnu chez mes grands-parents, il y a un mois. et ça claque ma conscience dans une espèce de colère. colère contre elle, d’être là. colère contre moi, de n’être pas sûr que c’est elle. parce qu’après la surprise vient le doute. et le doute se fait d’autant plus vif qu’elle pose une main sur mon torse, qu’elle continue le jeu de séduction commencé au toucher. je tourne la tête. je crois entendre un bon ‘le salaud se tape la plus bonne’, lancé à ma droite. ta gueule, je crache. j’attrape sa main, sur mon torse. pendant quelques secondes mon coeur bat, sous sa main, sous la mienne. pendant quelques secondes j’y crois, je sais que c’est elle. puis le doute s’installe à nouveau. l’incrédulité. marla ne peut pas être ici. j’enlève sa main. j’ai pas envie.
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MessageSujet: Re: sleeping panorama (lev) Lun 10 Juil - 23:31


l'ivresse embaume les cœurs, enflamme les lèvres et démange les reins. elle l'a appris de nombreuses fois, règle qui pourrait presque se dessiner dans le bois fissuré de l'enseigne miteuse de la couronne. elle observe encore de longues secondes les autres qui s'illusionnent d'amour entre deux coups de bassin. et ça la fait toujours rire, marla. la pauvreté des corps qui claquent et des lèvres qui promettent entre deux halètements. ça passe la barrière de ses lèvres à elle aussi, parfois. de temps à autre. quand la demande est forte et le corps brûlant et moite. quand on lui attrape le cou ou les hanches, les poignets ou les seins. quand encore un vient se perdre entre ses cuisse. ça la fait rire, de promettre. certains reviennent juste pour ces serments d'amour qu'elles prodiguent à tous. promesses d'un lendemain quand le soleil semble ne jamais se coucher au même endroit. risibles espoirs qui naissent au creux de ses reins et qu'ils façonnent de leurs mains poisseuses sur son corps. comme si parler d'amour c'était parler d'espoir, elle leur promet. voit leurs yeux vitreux retrouver l'illusion d'un brin d'éclat parfois. quand se substitue à l'alcool les plaisirs des orgasmes dont ils lui attribuent le mérite, alors qu'elle sait qu'ils pourraient jouir simplement en parlant d'espérance.
elle se dit un instant que peut-être, il sera de ceux-là. quand elle s'approche avec langueur et traverse la pièce aux vapeur d'alcools sans détourner son regard. les autres le regardent un peu comme elle après l'amour ; la lueur d'espoir au fond de l'âme qu'on galvanise de promesses de jours meilleurs. ils sont presque semblables, à la seule différence que son audience à lui est plus large. putain de partouzes. un sourire naît sur ses lèvres quand elle s'assied à ses côtés, observe celles tremblantes de fièvre de son auditoire, haletantes même. il leur promet un jour de plus, elle le sait. cette fièvre est la même après qu'ils l'aient baisée.
ça vrille le cœur. elle n'en fait rien. s’enchaînent ses geste langoureux dans une chorégraphie parfaitement maîtrisée tandis que ses yeux ne quittent pas son visage. il est différent, de près. il lui ressemble un peu plus. ses doigts contre sa peau forment un chemin hésitant et imperceptiblement tremblant. le cœur brûle de sentir celui qui expulse le même sang d'aussi près. mais elle travaille, fille de joie de la couronne. un rire étouffé et faussement gêné s'échappe d'entre ses lèvres quand les spectateurs s'exclament de sa beauté souillée ; elle tourne un peu le visage, adresse un clin d’œil, retrouve le visage froid de son frère avec cette indifférence et cette haine qui caractérisent ses douleurs. de la distance avec laquelle elle pose au terme de quelques secondes son regard sur lui quand le corps retrouve les souvenirs de l'absence. il s'énerve un peu, elle pose un doigt sur ses lèvres, lui dit que, tout de même, ce n'est pas une façon de parler devant les dames - de sa voix la plus juvénile, qu'elle fait claquer entre sa langue et son palais dans un sourire de défi. marla ne connaît plus vraiment la douleur quand il s'agit de lev et de son visage si proche. elle ne sait s'accorder que la rancoeur.
faussement offusquée à ses mots, elle glisse une main sur sa cuisse quelques secondes, ne le quittant pas des yeux, lui glissant un « oh vous n'en avez pas envie ? peut-être êtes vous déçu que j'aie subtilisé l'attention de votre auditoire ? » elle s'appuie sur sa jambe pour se relever, les lèvres presque tremblantes de colère - mais elle a l'habitude de mentir, marla, c'est la seule chose à laquelle elle est bonne ici avec l'illusion d'amour, alors ça ne se voit pas vraiment. ses jambes se déploient, graciles, elle fait le tour d'un fauteuil, puis d'un deuxième, s'arrête derrière le troisième, là où l'un de ses admirateurs siège du haut de ses yeux cernés et ses lèvres brûlantes de whisky. celui l'ayant grassement complimenté, quelques secondes plus tôt. il se retourne et pose ses yeux ivres sur elle, elle plante ses prunelles dans les yeux de son frère. « regarde-moi la garder. » ses doigts pressent les épaules de l'homme devant elle, elle se baisse un peu,
murmure des espoirs à son oreille, charmeuse de serpents tandis que son rire sonore se perd entre la cohue de la couronne et qu'elle lui promet mille autre choses encore. douleur et fuite se mêlent quand le crâne vrille et elle rit de l'humour gras de l'autre quand le cœur se retourne encore, que derrière ses yeux se cachent ces larmes qu'elle ne libère pas depuis trois ans, qu'elle terre au fond des ventricules, tapis de rancœur aux venins doucereux qui sévissent de ses doigts qui s'aventurent sur le torse d'un inconnu, de sa nuque qu'elle laisse se faire attraper et guider jusqu'au dessus d'un épaule transpirant, de ses lèvres qu'elle glisse encore à l'oreille sans plus jamais poser les yeux sur lev.
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MessageSujet: Re: sleeping panorama (lev) Dim 16 Juil - 15:48

je sens la nervosité m’attaquer le coeur. un, deux, trois, j’y crois pas. marla n’a que quinze ans après tout, c’est un enfant, elle doit être à la maison. je m’accroche à cette idée comme je m’accroche à la vie. vite, fort, sans engagement. je ne me suis jamais accroché à la vie. c’est bien ce qui m’a fait fuir vera et son amour. il y a trop de choses à faire et trop de choses à combattre pour accepter de s’installer dans les silences de la routine. pour les 99% des occupants de cette taverne la bière qu’ils boivent n’est qu’un verre de plus dans une heure qui sonne habituelle. redondante. morne. je les vois ces visages ivres de défaite ou satisfaits de l’habitude. ils se complaisent dans l’aveuglement de l’alcool qui étoffe la guerre comme un fil sans fin. la guerre était là hier, elle est là aujourd’hui et sera là demain. dans cette réalité les hommes s’accordent le bénéfice d’un plaisir simple. être saouls et regarder la vulgarité des jolies filles. je pense que je les hais, avec leurs regards de chiens. ils sont lugubres, tristes, morts. on m’écoute comme on boit les paroles du premier venu qui leur promet la lune. aujourd’hui c’est au tour du grand lev, venu du bout du monde pour prêcher l’ardeur des combats. ils ne comprennent pas, dans leurs regards vitreux, qu’un monde se dessine sous leurs poings.
mon poing, lui, se desserre quand la main de marla quitte ma jambe. marla n’a plus quinze ans et marla a ce visage là. je reconnais ses traits qui sont ceux des saddler. fins, froids, fiévreux. marla aux cheveux qui tombent sur des épaules nues, joue aux jeux des adultes. ses yeux félins quittent les miens, quand mes yeux de lion glissent sur son corps. qu’est-ce que tu fous marla, je m’apprête à lui dire. puis je pense à sa voix. et je me dis c’est donc ça, sa voix. je l’ai quittée enfant, je la retrouve grandie. je ne sais rien d’elle.
rien.
rien de plus que les photos de famille retrouvées dans la vieille maison de notre grand-mère décédée. elle n’avait déjà plus d’innocence dans les yeux. plus de curiosité, plus de joie, plus de surprise. un monde a séparé nos portraits d’enfants de ces vagues photos en noir et blanc. je vois dans sa colère les reflets d’un lien qu’on ne reconstruira jamais. je l’ai oubliée trop longtemps. elle s’est élevée seule. à son théâtre je tourne la tête. elle provoque de son corps comme j’attaque avec mes mots. c’est peut-être ça, son rempart à la vie. je pourrais lui dire arrête, mais je n’en ai pas le droit. quel est ton nom, je demande en me levant, en appuyant mon corps contre la table pour lui faire face. quel est ton nom, marla, je souffle, cette fois-ci.
je ne sais rien d’elle.
je sais qu’elle s’appelle marla. je sais que je l’ai aimée. je sais que je l’ai quittée, dans la tristesse de ceux qui abandonnent. j’avais la certitude, à l’époque, que je reviendrais. je reviendrais arracher ma soeur à l’oppression d’une famille cloisonnée, déprimée, malsaine. je ne suis pas revenu. j’ai peut-être écrit quelques lettres, que nos parents ont du intercepter. je n’y ai plus pensé. sans véritable honte, je le sais. je n’y ai plus pensé. parce que de saddler je n’ai gardé que le nom, les traits, la voix. et c’est terrible de me dire que je ressemble à ce qu’ils étaient, quand pendant sept ans j’ai tâché de les effacer.
elle est pourtant là. je suis pourtant là.
et à la voir me défier je sens un poids dans mon coeur. il y a longtemps que ça ne m’arrivait pas.
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