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(a1) c'est la roulette tu choisis pas. (cr)

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MessageSujet: (a1) c'est la roulette tu choisis pas. (cr) Ven 20 Mai - 16:31


Tu seras ce qu’on te dit, tu discutes pas, ici-bas c’est comme ça, t’as compris le jeu p’tit merdeux? C’est la roulette tu choisis pas.


C'est la roulette, tu choisis pas.

Elle est dénudée. La brûlure, la marque indélébile qui vient s'émanciper sur cette peau autrefois vierge. Elle a peur, elle a peur, parce qu'elle sent les regards, elle sent le feu accusateur des dégoûter. Elle ne sera ni gagnante, ni perdante, elle est juste victime, victime cruelle du monde qu'elle ne comprend pas. Elle, lâche, impuissante, déprimante, incrédule, rageuse, haineuse. Trop d'émotions, trop d'émotions qui s'accaparent cette caboche trop remplie, trop affranchie. Alors elle écoute, elle écoute les regards, elle le voit, elle les juge, elle cherche à ignorer, ignorer la condamnation, la sentence, le châtiment sévère qu'elle mérite, elle le mérite tant. Alors elle entend la voix de sa sœur, de ces mécréants qui veulent l'assommer.

Tu seras lâche et impuissante,
Résignée, soumise, déprimante,
Insuffisante, pas adaptée, spectateur dans le fossé.


Elle secoue la tête, elle la secoue frénétiquement, ils ont tort, ils ont si tort, parce qu'elle sait, elle sait qu'elle vaut tellement plus. Elle n'est pas lâche, elle est brave, elle a cette bravoure qu'elle veut s'accaparer, cette conscience, cette conscience, cette culpabilité qui force pourtant à la sortir de ses limites, elle part en vrille, elle fusille du regard, elle crie presque, grogne parce qu'elle est en colère. Tu seras dominant ou dominé. Elle secoue la tête, elle sera dominante, jamais soumise, folle, folle alliée, elle sait pourtant qu'elle vaut plus que ça, qu'elle vaut plus que ces regards froids, qu'elle vaut plus, qu'elle vaut le chaleur, l'amour, l'amitié. Elle est trop sensible, elle est trop elle. La froideur, elle doit l'épouser; accepter la douleur et combattre par la rage. On l'a connaissait, on savait qu'elle était imprévisible, destructrice de ses dix doigts, pourtant, pourtant jamais on ne ferait d'elle une paria, une crasseuse inacceptée. Parce qu'on l'accepterait Cedrella, personne n'aurait le choix, personne, tout le monde, tout le monde accepterait la supernova. Alors à ces pauvres gens, elle leur fait des gestes obscènes, elle lève le bras et leur montre sa frustration. Geste sur geste, elle rase pourtant les murs, elle est discrète, elle est devenue l'ombre de sa propre prestance, de cette royauté qu'elle a cassé, qu'elle a cassé en brûlant, en grisant dans son coin, en restant solitaire, amère, malheureuse, égoïste, insupportable. Pourtant, elle ne mérite pas, elle ne mérite pas la punition, elle mérite pas ces regards noirs. Le respect, voilà ce qu'elle veut inspirer, la crainte même. Parfois, parfois elle se dit qu'elle est incapable d'y voir clair.

Tu seras amère, trop sévère
Malheureuse toujours en colère
Méprisable, imbuvable, égoïste, insupportable,
Tu seras ce qu’on te dit, tu discutes pas,
Ici-bas c’est comme ça,
T’as compris le jeu p’tit merdeux?


« C'est horrible ce que t'as collé sur ton bras. » Un rire. Des rires. Des regards, des arrogants, des impétueux, qu'elle fait taire, elle lève sa baguette, elle veut les voir souffrir, elle veut les voir mourir. Alors elle s'avance, elle s'avance vers la foule, vers celle qui la regarde droit dans les yeux, vers celle qui n'a plus peur d'elle. Elle penche la tête, elle l'observe, ses pupilles droites dans les siennes, ce goût amer de réjection qui trempe dans sa bouche. « On dit qu'elle s'est faite cramer par sa sœur. » Elle aime pas ces voix, elle les aime pas, parce qu'elle les entend depuis plus de dix ans se balader dans sa propre tête. Soumise, soumise à la mécanique de cet esprit torturé, elle voudrait se boucher les oreilles, elle voudrait crier, gueuler, grogner, geste obscène, elle s'avance de plus près vers l'attroupement. Vers la foule qui grise son moral, qui grise sa propre fierté. Parce que dignité n'est plus, tiare tombée au sol, elle se fait rattraper par le temps, par son caractère, par sa culpabilité, par la conscience humaine qu'elle veut effacer. Elle veut être normale Cedrella, elle veut vivre, elle ne veut plus souffrir, pourtant elle peut pas. Alors elle entend sa voix. Sa voix toujours présente, toujours là, ravissante, autoritaire, venin qui s'écoule dans ses veines.

Tu seras dominant ou noyé
Écrasant ou écrasé
Carnassier ou dispensable
Gagnant ou donné négligeable
Tu seras semblable à tes semblables
Comme tout le monde, ou dégradable
Plus malin ou trou du cul


Elle secoue la tête. Elle s'accroupit par terre, ses genoux gouttant à l'odeur de son propre sang, elle pleure presque, elle sent les larmes monter. Elle sens la voix, la voix toujours là. « C'est vraiment moche. » Cri. Folie.

Tortionnaire ou corrompu
Tu seras battu et silencieux
Ou bien cruel, mais victorieux
Rigoureux ou inutile
Féroce ou détails futiles
Tu seras ce qu'on te dit tu discutes pas


Puis elle le voit. Elle le voit la pointer du doigt, elle le voit rire, chuchoter à sa copine, à la sotte coller à son bras. Elle le voit murmurer aux oreilles de ses amis, elle les voit dégoûtés, elle les voit rire, rire parce que Cedrella est tombée. Pourtant elle se lève. Elle se lève la gamine parce qu'elle a pas encore montré ce dont elle était capable. Elle a pas encore prouvé ce qu'elle pouvait faire. La flamme, la flamme qui s'allume dans ces yeux morts, une vie normale ? Jamais. Jamais, parce qu'elle est spéciale Cedrella, elle est ce quelque chose qu'on comprend pas. Jalouse, égoïste, cruelle, folle, des adjectifs, des synonymes, rien qui ne l'étonne plus. Parce qu'elle assume Cedrella, elle veut plus, elle ne veut plus se battre contre ce qui est, contre la marque indélébile. Contre ces regards noirs, contre ces idiots qui veulent rumeur sur rumeur, qui veulent victime sur victime, sauf que Cedrella n'est pas victime, elle est tortionnaire. Nique cette voix, cette voix dans sa tête, cette voix obsessionnelle qui veut la condamner, qui veut démolir ce qu'elle est, non, ô non elle vaut bien mieux.

Bah écoute, j'sais pas pour toi, mais pour moi ce sera,
La tête haute, un poing sur la table
Et l'autre en l'air, fais moi confiance
Avant de finir six pieds sous terre,
J'aurais vécu tout c'qui a à vivre
Et j'aurais fait tout ce que j'peux faire
Tenté tout ce qui a à tenter
Et surtout, et surtout j'aurais aimé


Alors elle s'allonge, elle s'allonge dans l'herbe. Elle la ferme, elle dit rien. Elle se tait. Elle, elle se tait. Mais elle a appris, elle a appris à se contrôler, à assumer, à assumer les brûlures, les blessures qu'on lui a infligé. Elle attend. Elle a attendu des années, ce moment, ce point de non retour. Ce moment où elle ferait taire la conscience, où elle ferait taire la culpabilité, où elle ferait taire ces choses, ces facteurs qui l'ont assommé pendant trop longtemps. Elle s'oublie, elle s'oublie le temps de quelques secondes, elle oublie presque qu'elle est royauté, qu'elle est belle, qu'elle est forte, qu'elle est folle et imbattable. Casse-toi. Casse-toi humanité. Casse-toi conscience. J'ai eu mal, j'ai prêché, j'ai cherché, j'ai rien trouvé, mais casse-toi. Soeur indigne. Mère indigne. Père mort trop tôt. Frère adoré. Elle doit accepter que maman ne l'a jamais assez aimé, elle doit accepter qu'Oriane n'est qu'une idiote, et elle doit surtout accepter que Maven est là, présent, mais qu'il l'aime comme il aime sa jumelle, cette ombre, ce fantôme au sein même de leurs rangs si parfaits. Elle doit accepter. Mais la tête haute, les coudes sur la table, le poing en l'air, fais moi confiance, avant de finir six pieds sous terre. Parce qu'elle veut plus de ces remords dégueulasses, elle veut plus de ces regrets, elle veut vivre, elle veut vivre sans se retourner. Assume. Ouais, assume. Vas-y. J'aurais vécu tout c'qui a à vivre et j'aurais fait tout ce que j'peux faire, tenté tout ce qui a à tenter ;

Et surtout on m'aura aimé.


La foule se dissipe, les gens partent, ils ont trouvé mieux. Elle reste là, peau nue, elle sent le froid arracher cette chaleur enfantine, elle sent le vent lui griffer les joues, elle sent la nuit tomber. Pourtant elle attend. Elle veut voir cet impétueux dans ses filets, elle veut le voir alors qu'il a jugé sa peau, son tout, sa foi, sa dignité. Elle finirait jamais, elle finirait jamais ce qu'elle avait commencé ; Elle ouvre les yeux Cedrella, elle regarde autour d'elle, ces gens qui s'amusent, qui rient, qui partent. Puis elle tourne ses prunelles vers le garçon dévergondé. Elle le voit rire aux éclats, elle voit le bonheur dans sa voix, l'espérance d'un futur meilleur, d'une voix qui tiendrait sa conscience pour toujours. Cedrella sourit. Elle sourit parce qu'elle va lui arracher, lui arracher tout ce qu'il aime. Elle enfile un pull. Elle enfile un pantalon. Il est seul. Elle est seule. Alors elle avance, elle avance vers sa nouvelle proie. Elle penche la tête. Elle continue à sourire. Elle serait presque carnassière. Elle serait cruelle, autoritaire, victorieuse. Féroce. Ouais, féroce. Elle sort la baguette. Elle la tient fixement dans sa main. Pas soumise. Pas spectatrice dans le fossé. Elle serait marionnetiste, elle serait pas ce qu'on lui dit d'être, elle sera ce qu'elle est. Folle alliée, folle qui assume, qui assume la folie qui consume ses nerfs. « Crucio. » Elle penche la tête vers la droite. Cedrella garde la tête droite. La conscience a disparu, elle a l'air d'avoir été détruite, elle brûle, elle se consume, et Cedrella sourit davantage. Parce qu'elle aime trop ça, elle aime trop la faim, la faim de la souffrance, provoquer les cris, provoquer ce qu'on a dû lui infliger tout au court de ces années. Corrompue ? Peut-être ouais, mais elle s'en fout, elle s'en fout. Elle s'en fout. Elle le voit se tortiller, elle le voit presque crier. Puis elle arrête. Il lève les yeux vers la furie, vers la nymphe. « Je.. Je.. » Il arrive à plus rien dire, elle lui a ôté les mots de la bouche. Elle rit aux éclats, elle rit à gorge déployée. Elle rit. O mon dieu qu'elle rit. Parce qu'elle veut plus de cette vie, elle veut tirer sur sa peau, elle veut changer de carapace mais elle peut pas, elle peut rien faire. Elle est là, indélébile trace qui ne veut rien dire, qui prouve seulement sa soumission.

"Tu seras damné, condamné
Étendu sur la chaussée
Déformé, mal branlé
Démoli, trois fois rejeté
Tu seras ce qu'on dit tu discutes pas
Ici bas, c'est comme ça
T'as compris l'jeu petit merdeux
C'est la roulette, tu choisis pas"


Elle sait que la voix vient de vriller. Elle lui dit pas ça, elle entend pas la voix dans sa tête, elle la crie au garçon, à l'individu qui pleure. C'est plus sa souffrance dont elle se délecte, c'est ses supplications. Il apprend, il apprend de ses erreurs, de jamais sous-estimer la soit-disant proie que Cedrella n'est pas. Un sourire froid posé sur les lèvres, une baguette levée. Elle chanterait presque les mots qui dépassent sa bouche. "Avada Kedavra." Le corps tombe, immobile, indiscutablement mort. Mort, parce qu'elle a ôté une vie, une première vie. Elle rit. Elle ne pleure plus. Parce qu'il traîne dans la boue, alors qu'elle s'élève en même temps que la lune.
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