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(A1) Te quiero

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MessageSujet: (A1) Te quiero Ven 27 Mai - 20:48

Le son de musique emplit la salle avec son tempo rapide, les sons lourds de la basse, la voix au bord de l'explosion du chanteur et la batterie, en arrière fond, qui se déchaine, comme si sa vie en dépend. Toutes ces informations parviennent aux oreilles des combattants, la musique dopent leurs capacités, pourtant aucun ne saurait dire quelle était la musique précédente. Le contenu importe peu, seul le résultat compte, au point que la musique a supplanté les autres sons. On ne s'entend plus parler, rire, grogner, chantonner et jurer. On voit les lèvres des autres qui bougent, on se dit que c'est peut-être important, mais on fait comme si on avait compris, on hoche la tête et on sourit faiblement, parce qu'on n'a pas envie de faire répéter la personne et surtout, on n'a pas envie de parler. On n'est pas ici pour parler. Ici, les mots ne sont plus dans leur domaine, ici ils ont perdu leur royaume, ici ils ont échoué à s'imposer et ce sont les corps, les poings, les coudes, les pieds et de temps en temps quelques autres membres tout aussi ravageurs qui portent atteinte à l'autre et qui expriment ce qu'on veut dire. On dirait qu'il n'y a plus vraiment de lois et de règles quand on observe les hommes et les femmes monter sur le ring, se faufiler entre les cordes, se mettre en garde et attaquer. Pourtant, quand on a l'habitude de fréquenter le lieu, on sait ce qu'il faut faire et ne pas faire. Les règles officielles et celles implicites.
Dayan est sans doute le seul sorcier à fréquenter cette salle de boxe fréquentée par les habitués, comme une meute de chiens défendant son territoire. Il ne mettrait pas sa main à couper que seuls des moldus viennent, mais dans le fond, il s'en fout bien, il n'est pas là pour rencontrer d'autres confrères, au contraire. Il fuit dans ce Londres moldu le monde sorcier et ses guerres, ses problèmes et son travail.  

Ici, la plupart du temps, les seuls sons que l’on entend, sont ceux de la musique. Les chansons à paroles sont plus rares. De toutes manières, on n’y accorderait aucune attention.
Dayan, assis sur un banc, le dos appuyé contre le mur froid, observe les scènes de combats au milieu de l'entrepôt, l’esprit ailleurs. Toute son énergie l’a quitté, au point qu’il n’a même pas la foi d'ôter ses gants qui le font transpirer. Il sait que ce n’est pas très intelligent de se dépenser autant, qu’il devrait faire attention,  au cas où … . Au cas où son patron l’appelle en urgence ou que pour une raison ou une autre, il lui faille se transformer. Il se sentait vidé, mais serein, grâce aux substances que son corps a …
Arrête ça.
Il se serait frappé lui-même. Il vient ici pour ne pas réfléchir et le voilà qui recommence. C’est son besoin, son envie de bouger, d’agir qui le rattrape, quoi qu’il fasse.
Il fait dériver son regard sur la salle, pour se concentrer sur quelque chose, n’importe quoi d’anodin. Rien ne l’intrigue et fatigué, il ferme les yeux et laisse sa tête retomber contre le mur.

« On se dira "oui", à la vie, à la mort
Et même en changeant d'avis »

Il met un temps à comprendre qu’il s’agit du français, langue qui règne de l’autre côté de la Manche. Il la parle un peu, suffisamment pour pouvoir se débrouiller s’il est amené à s’échouer dans l’Hexagone. Des films regardés ici et là, des livres lus et surtout, des voyages avec son patron, l’ont amené à se confronter plus d’une fois à la langue de Molière, mais il ne l’apprécie guère et la massacre plus qu’autre chose.
« Même en sachant qu'on a tort
On ne changera pas la vie
Donc comme tout le monde je vais en souffrir
Jusqu'à la mort »

Les yeux toujours fermés, comme un défi envers son instinct qui lui dit de tout surveiller, il se force à comprendre les paroles et ce qu'il réussit à décrypter ne lui plait pas. La mort et la vie, certes intimement liées, sont dans la tête de Dayan, deux choses à considérer de manière individuelle. La vie d'abord, on s'occupera de la mort ensuite. Une chose à la fois.
Les paroles lui paraissent bien tristes malgré l'énergie de la chanson et il ne peut s'empêcher de penser à sa mère. Il le regrette aussitôt. Il est libre, sa mère est derrière lui et sa liberté, bien que tenue en laisse par le gouvernement et sa condition d'animagus, il l'a enfin en main. Mais ces paroles à peines comprises, lui font regarder la réalité en face : il est incapable de ne pas vivre dans la peur de voir sa mère revenir et reprendre le contrôle de sa vie comme elle l'a fait pendant si longtemps. Il a peur, qu'il se l'avoue ou pas.
Le refrain s'entonne et il s'aperçoit que la chanson parle d'amour. C'est un vaste sujet que l'humanité ne traitera sans doute jamais en entier (ce qu'il n'est pas forcément une mauvaise chose, tout connaître, tout comprendre n'est pas toujours bénéfique, surtout quand ça touche aux sentiments humains). Dayan, pour sa part, préfère l'éviter, même si sa situation sentimentale se résume en un mot : « vide ». Ça ne le gêne pas, les souvenirs qu'il garde de Malia, ancienne fiancée, sont neutres voire agréables et même s'il ne se l'avoue pas, la peur de finir avec quelqu'un, de rompre et de se déchirer pour n'en garder que des réminiscences amères, est bien présente.
« J'voudrais être son ombre
Mais je la déteste
Te quiero,
Même au bout du monde »

La passion donc. Celle qui vient du latin, qui fait souffrir et mourir. Dayan ne mourra pour personne. Pas assez attaché à quelqu’un pour se sacrifier, amicalement ou amoureusement, il jalouse pourtant les gens qui peuvent se permettre le luxe d’un tel sacrifice. Aimer et se faire aimer autant en retour, est une chose étrangère, un concept lointain qui lui plait, mais qu’il n’a jamais embrassé.
« Un jour je la reverrai, je le saurai tout de suite
Que ce sera repartit pour un tour de piste »

L’amour qui donne tout, joie et peine. Il aimerait le vivre à nouveau, mais sa vie, véritable désert sentimental, ne lui permet pas de tels rêves.
« Je n'aurai pas le choix, non
Jusqu'à la mort
Te quiero... »

Lui ce n’est pas une femme qu’il aime jusqu’à la mort, mais sa liberté, pleine et entière, même s’il n’y goûtera sans doute jamais. Il aime aussi les coups portés et la connaissance acquise. Il aime une foule de choses, mais elles ne touchent pas à l’Homme et pourtant, Merlin qu’il le voudrait.

La chanson se finit sans qu’il n’essaie d’en comprendre le reste et quand enfin, il a le courage de se lever pour aller se changer, il s’aperçoit qu’une grande partie des habitués sont partis. Le soir a dû tomber, mais ce n’est pas comme si quelqu’un l’attend chez lui. Ce n’est pas comme si quelqu’un l’attend tout court. Au moins, il est libre, ce qui est mieux que rien …

 
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